Journalistes sous surveillance: le «Canard Enchaîné» ne retire pas ses accusations

MEDIAS Il dénoncé une «affaire d'Etat»...

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Après l'article du Canard Enchaîné accusant Nicolas Sarkozy de superviser lui-même l'espionnage de journalistes, l'hebdomadaire maintient ses affirmations et le Syndicat national des journalistes (SNJ) a dénoncé mercredi une "affaire d'Etat".
Après l'article du Canard Enchaîné accusant Nicolas Sarkozy de superviser lui-même l'espionnage de journalistes, l'hebdomadaire maintient ses affirmations et le Syndicat national des journalistes (SNJ) a dénoncé mercredi une "affaire d'Etat". — Emmanuel Dunand AFP/Archives

Après l'article du Canard Enchaîné accusant Nicolas Sarkozy de superviser lui-même l'espionnage de journalistes, l'hebdomadaire maintient ses affirmations et le Syndicat national des journalistes (SNJ) a dénoncé mercredi une «affaire d'Etat».

«Ecoutez, l'Elysée peut dire ce qu'il veut, les sources du Canard sont bonnes et on ne se lance pas avec un titre comme ça sans biscuit», a déclaré à l'AFP Claude Angeli, directeur de l'hebdomadaire.

Quand on enquête sur les sources, on tombe sur les journalistes»

«Il est normal que Nicolas Sarkozy soit en colère, il est normal qu'il ait envie de savoir, mais de là à mettre le contre-espionnage pour connaître les responsables des rumeurs visant son couple ou pour rechercher qui s'intéresse un peu trop aux rétro-commissions du Pakistan, à l'affaire Woerth-Bettencourt», a-t-il dit sur RTL. L'Elysée avait qualifié les informations du Canard Enchaîné de «farfelues».

«Il veut connaître les sources. Quand on enquête sur les sources, eh bien on tombe sur les journalistes et donc c'est de l'espionnage de journalistes, ce qui est formellement interdit par la loi française et par la Commission européenne», a ajouté M. Angeli.

Violation de la loi du 4 janvier

Le SNJ de son coté demande: «Est-il exact que la DCRI (Direction centrale des renseignements intérieurs) est amenée à s'intéresser à tout journaliste qui "se livre à une enquête gênante" pour le président de la République ou les siens?».

Autre question: «Est-il exact que l'Elysée, courant juillet, aurait demandé à la DGPN, Direction générale de la Police nationale, de mettre fin aux fuites qui avaient abouti à la publication des informations en Une du Monde des 18 et 19 juillet, en identifiant les sources des journalistes?», en violation de la loi du 4 janvier.

Copé parle d'«allégations»

«L'Elysée a parlé d'accusation "totalement farfelue". Cette réponse n'est pas suffisante pour écarter des soupçons de plus en plus nombreux. Elle ne peut convaincre une profession dont la première mission est d'informer les citoyens, responsabilité qui prime sur toute autre», estime encore le syndicat, majoritaire chez les journalistes.

Pour sa part, le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, a qualifié mercredi «d'allégations» l'article du Canard Enchaîné. «Ce ne sont que des allégations. Je regrette que, pour écrire des articles comme cela, on n'étaye pas un peu plus», a-t-il déclaré devant l'Association des journalistes parlementaires.