Nicolas Sarkozy accusé de surveiller les journalistes, par «Le Canard enchaîné»

POLITIQUE Le chef de l'Etat ferait de la surveillance médiatique rapprochée?...

A. K.

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P. Wojazer/ REUTERS

Un président tellement fan des journalistes qu’il ne peut s’empêcher de traquer leurs faits et gestes? L’accusation –grave- est portée dans un article du Canard Enchaîné à paraître mercredi. Le rédacteur en chef, Claude Angeli y affirme que le chef de l’Etat «supervise » la surveillance des journalistes. «Depuis le début de l’année, au moins, dès qu’un journaliste se livre à une enquête gênante pour lui ou pour les siens, Sarkozy demande à Bernard Squarcini, [patron du renseignement intérieur, la DCRI] de s’intéresser à cet effronté. En clair, de le mettre sous surveillance, de recenser ses relations et, surtout, ses informateurs.»

Claude Angeli, contacté par 20 minutes.fr, rappelle que «la DCRI était déjà intervenue pour l’enquête sur les absurdes rumeurs concernant le couple Sarkozy-Bruni». L’examen attentif de factures téléphoniques serait utilisé pour ces opérations de surveillance. Des révélations à sensation, qui interviennent dans un contexte de série de cambriolages d’organes de presse (Mediapart, Le Monde, Le Point) qui ont suivi l’affaire Woerth-Bettencourt.  «Attention, je n’accuse pas la DCRI de ces cambriolages ou vols d’ordinateurs de journalistes, elles sont vraisemblablement à mettre à compte d’officines privées», tient à préciser Claude Angéli.

Accusations «totalement farfelues»

Il remarque néanmoins que, invité à s’exprimer sur les cambriolages en question, fin octobre à Bruxelles, le Président de la République avait répliqué: «je ne vois pas en quoi cela me concerne». De quoi faire dire au Canard: «C’est un peu court. Le président avait pourtant ce jour là, la possibilité de condamner ces étranges délinquants».

Contacté mardi soir par 20minutes.fr, l’Elysée a dénoncé des  affirmations «totalement farfelues».