Les médias s'emparent du scandale halal

INVESTIGATION «Les dessous du business halal», une enquête diffusée ce lundi soir à 22h40 sur Canal+...

alice coffin

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Selon l'enquête de Canal+, de nombreux produits n'auraient de halal que le nom.
Selon l'enquête de Canal+, de nombreux produits n'auraient de halal que le nom. — MAGNETO PRESSE / CANAL +

Un «halalgate» serait sur le point ­d'exploser. L'expression est signée Fateh Kimouche. Fondateur de l'influent blog al-kanz.org, il offre depuis 2006 des informations sur le marché des consommateurs musulmans. Objet du scandale: plus de la moitié des produits proposés dans le commerce n'auraient de halal que le nom, et ne seraient en rien préparés selon les règles rituelles. C'est ce que montre, avec moult images et témoignages éloquents, «Les dessous du business halal», enquête signée Feurat Alani et Florent Chevolleau, diffusée ce lundi soir à 22h40 sur Canal+.

Un marché de plus en plus médiatisé

«J'ai rarement trouvé autant d'éléments confondants au cours d'une enquête », explique Florent Chevolleau. « Ce reportage peut faire l'effet d'une bombe, affirme Fateh Kimouche. Aujourd'hui, les journalistes ont compris qu'on avait affaire à un panier de crabes.»

Aujourd'hui, mais pourquoi pas avant? «Il y a une vraie crainte à la télé d'aborder ce qui touche à la religion, et aux musulmans en particulier. On a peur que cela stigmatise», avance Jean-Charles Doria. Journaliste de l'agence Tony Comiti, il avait enquêté sur le thème en début d'année, mais son reportage, mettant notamment en cause les produits de KFC, n'avait pas été diffusé. Autre explication, «avant, le marché du halal n'était pas médiatisé, note Florent Chevolleau. La première publicité grand public date de l'an dernier, les campagnes d'affichage de cette année.»

Fateh Kimouche confirme. Dans la revue de presse qu'il tient sur son blog, il a d'ailleurs observé une évolution. «Pendant le ramadan 2009, il commence à y avoir beaucoup d'articles sur le halal, mais ils parlent de l'importance du marché, de son dynamisme. En 2010, les journalistes ont cherché d'autres angles, et se sont penchés sur les problèmes de certification.»

France 24 y a par exemple consacré une émission cet été. Pour l'instant, les industriels ou associations de certification, responsables des arnaques, refusent de répondre aux journalistes. Peut-être l'enquête de ce lundi soir les incitera-t-elle à parler davantage.

>> A la suite de nombreux débordements, cet article a été fermé aux commentaires.

Fraudes graves

Des tampons halal apposés sans vérification, des produits contenant du porc... les exemples affluent dans l'enquête de Canal+ et mettent en cause certains grands groupes, comme Doux. Malgré une croissance de 10 % par an et plus de 5 millions de consommateurs, le label « halal » n'existe pas, et il n'y a aucun organisme officiel pour le certifier. D'où de nombreuses arnaques.