Pour Arnaud Montebourg, TF1 est une «chaîne à tradition délinquante»

POLEMIQUE Le député PS en a remis une couche sur la chaîne, qu'il a déjà qualifiée de «télé de droite»...

J. M. avec AFP

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Arnaud Montebourg sur le plateau de LCI le 9 avril 2010.
Arnaud Montebourg sur le plateau de LCI le 9 avril 2010. — IBO/SIPA

Arnaud Montebourg ne lâche plus TF1. Le député socialiste s'en est à nouveau pris à la chaîne ce dimanche sur Europe 1, l'accusant d'être une «chaîne à tradition délinquante par rapport à ses obligations» et de bénéficier de «privilèges injustifiés».

«Voilà une chaîne qui s'adresse à presque la moitié des Français, qui dispose d'un quasi-monopole et qui a réussi en quelque sorte à circonvenir toutes les autorités et les contre-pouvoirs qui pouvaient lui demander des comptes», a affirmé le dirigeant socialiste au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Dans le viseur du CSA

Affirmant que le Conseil supérieur de l'audiovisuel «passe son temps depuis des années à la rappeler à l'ordre», il a lancé : «C'est une chaîne, j'allais dire, qui a une tradition délinquante par rapport à ses obligations réglementaires».

«Nous sommes en droit de poser quelques questions à ceux qui utilisent de façon contestable ce domaine public», a lâché le député de Saône-et-Loire. «Regardez le nombre de meurtres, de viols, de crimes qui sont mis en scène, scénarisés dans toutes les séries, les films qui sont choisis par cette chaîne!»

«Avantages» et «privilèges»

Arnaud Montebourg a suggéré qu'on remette en concurrence la concession accordée à TF1. Le «renouvellement automatique» de cette concession a été décidé «par la droite comme beaucoup d'avantages et de privilèges», a-t-il accusé. Pour lui, «ce sont des privilèges injustifiés de la part d'une chaîne qui ne fait pas son travail, ne respecte pas ses obligations».

Dans un documentaire de Pierre Carles, le député avait récemment qualifié TF1 de «télé de droite» et déclaré à l'équipe de tournage: «C'est le moment de taper sur TF1, c'est pour cela que je vais vous donner un coup de main». Nonce Paolini, PDG de la chaîne, avait jugé ces propos «consternants».