«France Télé a payé le prix fort pour retenir ses stars»

INTERVIEW Pour le journaliste Marc Endeweld, le service public a privatisé les profits...

Recueilli par Anne Kerloc'h

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A.F / FLAMMARION

France Télé suscite l'intérêt. Le jour­naliste Marc Endeweld raconte l'affaiblissement du groupe public au profit du privé dans son livre-enquête France Télévisions (off the record) (Flammarion).

Votre livre donne l'image d'un service public irréformable!

Il pourrait l'être si l'Etat laissait ses dirigeants mener une vraie stratégie industrielle. Mais le pouvoir considère l'audiovisuel comme un moyen de contrôle politique. Bercy n'y voit pas une ressour­ce et le ministère de la Culture en a fait une agence de financement de l'exception culturelle. Au passage, on oublie les programmes innovants. Le public est vieil­lissant, 55 ans contre 45 ans pour la BBC.

A l'inverse de la BBC, France Télé ne possède pas ses programmes…

C'est crucial! Les droits de «Plus belle la vie», succès de France 3, appartiennent à la société de production, qui profite des ventes de produits dérivés, de l'export. On a privatisé les profits et laissé les pertes au contribuable.

Des profits privés comme ceux des animateurs-producteurs. Vous citez ainsi Jean-Luc Delarue...

Entre autres! Le plus flagrant sont les best of ou zapping facturés très cher alors que ces programmes coûtent peu. Pour retenir ses stars, le service public a accepté de payer le prix fort et l'intérêt social n'a pas été respecté.