LIONEL BONAVENTURE

PORTRAIT

Rémy Pflimlin, un homme discret catapulté à la tête de France Télévisions

Le patron de Presstalis (ex-NMPP), passé par France 3 et la presse régionale, vient d'être choisi par Nicolas Sarkozy pour présider France Télévisions. Il est présenté comme un homme de consensus...

C’est officiel: Rémy Pflimlin, 56 ans, vient d'être choisi par le chef de l'Etat comme prochain président de France Télévisions.

Il était pourtant totalement inconnu du grand public jusqu'à il y a encore quelques jours, et tout juste pour les professionnels.

Réseaux étoffés en PQR

La biographie de ce discret dirigeant de médias tient en quelques lignes sur sa page Wikipedia.

Patiemment, il est parvenu à se frayer un parcours riche. Cet Alsacien pur sucre né à Mulhouse en 1954, diplômé de HEC, a fait ses premières armes dans la presse, directement à des postes de direction. D’abord à l'hebdo Jours de France, comme directeur de la pub de 1979 à 1985, puis au quotidien régional strasbourgeois Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA).

En juin 1991, il rejoint la Société alsacienne de publications, éditrice du quotidien L'Alsace, rival des DNA, dont il devient président du directoire de 1993 à 1999.

Très vite, il s’impose comme un homme de consensus, capable d’imposer ses réformes par petites touches. «Il a mené le projet collectif Alsace 2001, et un projet de modernisation technique, dont pour le matériel d’impression, avec le syndicat du Livre. Il est tenace, sans être directif de manière frontale», souligne Francis Laffon, rédacteur en chef de L’Alsace. Lors de son départ, «fait rare, les syndicats ont salué son sens du dialogue», poursuit-il.

Il franchit ensuite un pas supplémentaire en devenant numéro 2 du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) de 1997 à 1999.

Catapulté en presse nationale

Il se lance ensuite dans la télévision, en devenant directeur général de France 3 en 1999. Il doit là gérer son plus gros conflit en novembre 2002, sur la relance de la fabrication des programmes en interne. Un épisode qui laisse des souvenirs mitigés: «malheureusement, il a fallu cinq semaines de grève pour trouver une issue», déplore Jean-François Téaldi, délégué CGT de France Télévisions.

A son actif, «il connaît la maison. Il a montré une certaine ambition, avec à l’époque la création du magazine d’investigation "Pièces à convictions", et d’un magazine européen diffusé le samedi», salue Yann Fossurier, président de la SDJ France 3 National, qui n’est pas inquiet sur l’indépendance vis-à-vis du pouvoir de Rémy Pflimlin: «on y allait à l’époque, avec l'affaire de la cassette Méry dans la première édition de "Pièces à conviction. Même si le contexte politique a changé aujourd'hui», poursuit-il.

Il reste à France 3 jusqu'en 2005, année de l'arrivée de Patrick de Carolis qui le remercie. Il revient donc à France Télévisions par la grande porte.

Jusqu'à sa nomination à la tête du géant de l'audiovisuel public, il dirigeait depuis 2006 Presstalis (ex-NMPP), principale société chargée de la distribution de la presse, confrontée à une crise interne, mais aussi aux difficultés historiques des journaux et magazine français.

Hommes de réseaux

Du coup, il est devenu «à la fois présent en Alsace et dans les milieux parisiens. Il sait ne pas être trop pressé et patient», souligne Francis Laffon.

De fait, il est à la fois président du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, mais aussi de Musica, festival international des musiques d'aujourd'hui de Strasbourg… Et un des piliers de la fête de la Saint Nicolas, grand raout de dirigeants alsaciens, avec entre autres l’ancien syndicaliste CFDT Jean Caspar, Michel Muller, ou encore Denis Kessler du Medef, et André Renaudin, patron de l’AG2R.

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