« Potentiellement six milliards d'histoires »

Recueilli par Joël Métreau

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L'agent Mark Benford (Joseph Fiennes) va enquêter sur cette catastrophe mondiale.
L'agent Mark Benford (Joseph Fiennes) va enquêter sur cette catastrophe mondiale. — ADMEDIA / SIPAT. RON

Pendant deux minutes 17 secondes, l'humanité entière tombe inconsciente. Au réveil, chacun a une vision de son avenir dans six mois pile. Voici le pitch de la série « FlashForward » créée par l'Américain Brannon Braga, un geek qui a notamment travaillé sur « Star Trek » et « 24 heures chrono ». Elle est diffusée à partir de ce soir tous les jeudis à 20 h 45 sur Canal+.

Pourquoi cette adaptation d'un roman de science-fiction de Robert J. Sawyer

vous a-t-elle intéressée ?
Parce que « FlashForward » contient potentiellement six milliards d'histoires, le « black-out » touchant tout le monde sur terre. Dans le roman, les gens ont une vision de vingt-huit ans dans l'avenir. On a réduit cela à six mois. C'était parfait pour une saison télévisée. Si vous avez une vision de trente ans dans le futur, vous n'y penserez pas trop. Si elle est seulement de six mois, vous allez vous bouger.
Les images de destruction dans

le pilote évoquent le 11 Septembre. Etait-ce une décision intentionnelle ?
Nous en étions conscients, mais nous n'avons pas cherché à capitaliser sur un effet post-11 Septembre. Quand la série progresse, on ne s'appesantit pas sur le fait que vingt millions de personnes sont mortes durant le « black-out », on s'intéresse plus aux prémonitions en elles-mêmes et à leur explication.
Pourquoi avez-vous choisi

un policier comme héros ?
Nous avons fait du héros un agent du FBI, car nous avions besoin d'un moteur pour l'histoire. Ce personnage a en eu effet la vision d'un tableau d'investigation qui expliquerait le phénomène de « black-out ». Chaque indice dont il se souvient sur le tableau apporte une intrigue différente à chaque épisode. C'est une façon originale de raconter des histoires.
Quand vous écrivez, vous pensez

à l'audience internationale ?
Oui, elle est plus importante pour les séries. Le concept de « FlashForward » est d'ailleurs global. On peut même imaginer qu'il y ait une version française.

Et aux réactions des internautes ?
On prend note des critiques… Les télé­spectateurs ont le pouvoir d'influer sur les séries. C'est fascinant.

unique saison

Les audiences de la série ont décliné tout au long de sa diffusion jusqu'en mai 2010 aux Etats-Unis. Le 24e épisode est le dernier, la chaîne ABC n'ayant pas prolongé pas pour une deuxième saison. Avec ses intrigues multiples, son rythme feuilletonesque, ses drames intimes à l'échelle d'une catastrophe, la série contient les mêmes ingrédients que « Lost ». Sans avoir trouvé la recette du succès.