Le docu s'engage dans l'enquête

TELEVISION Retour sur un genre qui se fait sa place au soleil sur les grilles de télé...

De notre envoyée spéciale à La Rochelle, Alice Coffin

— 

Un si long voyage de  Stéphanie Lamorre sur des clandestins coproduits par Arte.
Un si long voyage de Stéphanie Lamorre sur des clandestins coproduits par Arte. — arte

Un mauvais genre, le documentaire? Spontanément, on l'associe plutôt au calme et à la réflexion. Et pourtant, c'est en «rebelles» que le Sunny Side of the Doc, le marché qui se clôt ce vendredi à La  Rochelle, a décidé de voir ces films.
«Un documentaire rebelle, c'est une tautologie, explique Yves Jeanneau, président du Sunny Side. Mais certaines périodes, comme l'après-11 Septembre ou la crise financière s'y prêtent mieux. Grâce à l'investigation.» Vérification en forme de programmation.

Bad boy et chouchou à la fois

Arte et France Télévisions sont loin de voir le docu en marginal. «C'est le genre préféré de nos téléspectateurs, affirme Patricia Boutinard Rouelle, directrice de l'unité documentaire du groupe public. France 2 diffusera une série, «La grande traque» sur des affaires criminelles, une enquête sur le secret des banques et une autre sur celui des licenciements.»

Sur Arte, aussi, le docu est devenu «main­stream». «C'est notre genre structurant, affirme Emmanuel Suard, directeur adjoint des program­mes. On interpelle le public avec des in­ves­tigations très actuelles.» Au programme, une enquête sur l'anthrax, une autre sur les tests de médicaments sur des cobayes humains, ou sur l'influence du Vatican.

Enfin, chez Canal+, si les abonnés sont  plutôt spécialistes de foot, de ciné et de séries», note Christine Cauquelin, à la tête des docs de la chaîne, on veut également «des sujets événements». Sur la politique d'immigration en France ou la journée spéciale «World in Progress» avec un film dédié aux entrepreneurs sociaux. Pour le reste, rappelle Yves Jeanneau, «les rebelles de demain se font dans le secret, c'est le principe de l'investigation».