Catherine Rambert et Renaud Revel: «La PME Johnny est au bord du gouffre»

INTERVIEW Dans «Johnny, les 100 jours où tout a basculé», en librairies depuis jeudi, Catherine Rambert et Renaud Revel racontent ces quelques mois de 2009 où «le destin de Johnny a basculé», entre problèmes de santé et difficultés financières. Au risque de n'aborder que l'écume...

Capucine Cousin

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Johnny Hallyday à Los Angeles, le 3 décembre 2009.
Johnny Hallyday à Los Angeles, le 3 décembre 2009. — SIPA

Cela aurait pu être le récit d’une dernière tournée flamboyante, «Tour 66», pour la fin de carrière de Johnny, un des chanteurs français les plus populaires, qui s’est distingué par la longévité de sa carrière.

En fait, dans Les 100 jours où tout a basculé (First Editions, 12,90 €), en librairies depuis jeudi, Catherine Rambert, directrice de la rédaction de Télé Star, et Renaud Revel, rédacteur en chef à L’Express, retracent les «cent folles journées» qu’a connues Johnny fin 2009. Entre la révélation de son début de cancer, une chambre d’hôpital à L.A. assiégée par les paparazzis, les soucis financiers (malgré les chiffres optimistes donnés début 2009), une gigantesque tournée inachevée… Et épinglent Jean-Claude Camus, producteur de Johnny depuis des années. Interview (1).

Comment vous est venue l’idée d’un tel livre, qui plus est à vous, qui êtes tous deux journalistes médias?

Catherime Rambert: On a voulu raconter ce qui s’est vraiment passé de l’été à décembre 2009. Il ne s’agit pas d’un livre à charge sur Johnny, mais d’un livre qui décrit le «système» Hallyday, durant cette crise. 2009 aurait dû être l’année de l’apothéose pour Johnny. Il y a eu une communication de crise très mal gérée. Durant l’été 2009, Johnny devait avoir un simple check-up de santé pour les assurances, il a été hospitalisé durant 11 jours! Ensuite, Johnny souffrait terriblement du dos malgré sa première opération (il a été opéré une première fois par le Dr Stéphane Delajoux le 24 octobre 2008, ndlr). Face à cela, plusieurs fois, Jean-Claude Camus a dit n’importe quoi, en parlant par exemple de «massacre» sur RTL à propos de cette opération de Johnny, pour donner le change aux assurances.

Vous vous en prenez beaucoup à Jean-Claude Camus, qui pourrait être évincé de l’entourage de Johnny, et qui a d’ailleurs donné la réplique dans Le Parisien jeudi…

C. R.: Il a mal géré la communication autour de Johnny. Pour autant, nous n’avons rien de personnel contre Jean-Claude Camus, qui n’a pas souhaité répondre à nos demandes d’interviews pour notre livre. Il a toujours été une relation professionnelle pour Johnny, probablement jamais un de ses proches, mais là, le dialogue entre eux semble rompu.

Renaud Revel: Après avoir semblé hésiter durant quelques jours, nous avons eu confirmation ce matin que Jean-Claude Camus n’engagerait pas de poursuites judiciaires suite à ce livre (ndlr: Jean-Claude Camus, contacté par 20minutes.fr, n’a pas souhaité commenter ces éléments). La relation entre lui et Johnny s’est dégradée pour des raisons purement financières.

Vous décrivez longuement une «PME Johnny» au bord du gouffre…

C. R.: Il est en fait au bord de la banqueroute. Sur l’ensemble des dates de concert prévues pour sa tournée (une soixantaine), une vingtaine n’ont pas été honorées, ce qui représente un manque à gagner d’environ 15 millions d’euros. Or le business Hallyday était auparavant très lucratif. Contrairement à une idée répandue, Johnny est un «travailleur pauvre», qui, malgré ses nombreuses années de carrière, n’a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant.

R. R.: Il a touché 800.000 euros par son producteur Jean-Claude Camus il y a quinze jours, mais c’est insuffisant. Les assurances n’ont toujours pas payé pour couvrir les dates de concert annulées. A côté de cela, il ne possède pas de capital, excepté son patrimoine immobilier. C’est son producteur Jean-Claude Camus qui le fait vivre.

Est-ce que votre livre n’est pas un peu polémique, et susceptible d’entacher la réputation de Johnny?

C. R.: On ne s’attaque pas à Johnny, on ne ternit pas son image. C’est une enquête, on montre la réalité.

R. R.: C’est le résultat de sept mois d’enquêtes et d’écriture, on a vu beaucoup de personnes de l’entourage de Johnny: avocats, médecins… On a voulu présenter les choses de manière dépassionnée.

(1) Les deux auteurs ont été interviewés séparément.