La télévision assure des courts du soir

JOël Métreau

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Sur le tournage du court métrage Climax avec le comédien Patrick Chesnais (à droite).
Sur le tournage du court métrage Climax avec le comédien Patrick Chesnais (à droite). — dr

Courts, donc plus petits, ils restent tapis dans un recoin des grilles des chaînes. Le plus souvent la nuit, dans des émissions dédiées, les courts métrages se montrent, et à force d'images inédites parviennent parfois à soulever nos paupières lourdes. Leur discrétion n'a d'égale que leur fausse modestie. Car les premiers films de réalisateurs primés, voire palmés, comme Laurent Cantet, François Ozon ou Mathieu Kassovitz, ont été pour la première fois diffusées dans « Histoires courtes » (France 2) et « Libre court » (France 3).

« Presque 2 000 scénarios par an »
« Certes, ce sont des cases tardives, mais elles nous donnent une liberté éditoriale et de format appréciable », explique Christophe Taudière, responsable de « Histoires courtes ». Dans le service public, la troisième partie de soirée se transforme en « laboratoire de nouvelles narrations ». Et pour réaliser cette alchimie du court, il faut beaucoup d'ingrédients. Hélène Vayssières, chargée des programmes de « Court-circuit » sur Arte, achète « une trentaine de films sur 800 DVD reçus par an », après voir « décelé un point de vue original, un regard ». Et même quand il s'agit de préachat (les chaînes participent à la production), la sélection est rude : « On reçoit des piles de scénarios, presque 2 000 par an », témoigne Christophe Taudière. Parmi ceux-ci, Climax de Frédéric Sojcher, diffusé ce dimanche dans « Histoires courtes ». Une carte de visite pour le réalisateur, car « le court métrage montre un univers qu'on veut développer par la suite ».
Et puis malgré tout, une belle audience : « De 300 000 ou 400 000 spectateurs  le dimanche ! Imaginez un long métrage qui ferait ce chiffre sur une seule séance », s'enthousiasme Roland Nguyen, coresponsable des courts à France Télé. « Court-circuit » permet d'ailleurs de prolonger la séance sur son site Internet. Le Web, roi du court, de YouTube et des « Films faits à la ­maison » de Canal+. L'émission pioche en effet dans les courts téléchargés sur la plate-forme Creaplus. Une seule condition pour espérer compter parmi les 10 % des œuvres qui seront diffusés à la télé : avoir été autoproduit. Catou Lairet, productrice à La Parisienne d'images, assure : « C'est moins le sujet du film, même maladroitement réalisé, qui importe, que sa pertinence. Drôle ou pas, ça dépend, on n'est pas “Vidéo Gag”. »

top chrono

Trois minutes montre en main. C'est la durée maxi des films présentés à Paris, Montpellier et dans 78 villes du monde entierlors du Festival international des très courts, qui commence aujourd'hui pour s'achever dimanche. Le programme est disponible sur trescourt.com.