La bande dessinée ouvre une fenêtre sur la petite lucarne

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   La magie de la télévision fascine aussi la bande dessinée, si l'on en croit les sorties simultanées d'A vous Cognacq-Jay (éd. Delcourt) et de Média (éd. Glénat). Le premier est un album collectif qui joue sur le mode nostalgie en nous remémorant les plus grandes heures de la « télé de Papa » : de Thierry la Fronde au petit train de l'interlude, de « La ­Caméra invisible » au « Francophonissime », on a droit à un défilé des plus grands noms du petit écran… des années 1960 aux années 1970 ! Rigolo mais ultra-référencé, ce premier volume sous-titré « Les grandes heures de la TV en BD » s'adresse donc essentiellement aux ­quadras et aux seniors.
  Plus sérieuse, la série « Média », de Philippe Richelle et Marc-Renier, explore les arcanes et les coulisses de la télévision d'aujourd'hui. A travers l'expérience du jeune Manu Courvet, fraîchement embauché par Répertoire Prod., les auteurs dénoncent les spéculations et le cynisme auxquels se livrent les dirigeants d'une grande chaîne, TV1. Si on a droit à tous les poncifs du genre (profit à tout prix, collusions avec des politiques, manipulation des masses), le premier tome, L'Idéaliste, témoigne d'une candeur rafraîchissante.
  De la télé des pionniers à celle des chaînes privées, ces albums auront au moins cette vertu, le temps de leur lecture, de nous dériver les yeux du petit écran.Olivier Mimran