Trois comédiens de la série «Engrenages», Bruno Debrandt, Caroline Proust et Fred Bianconi.
Trois comédiens de la série «Engrenages», Bruno Debrandt, Caroline Proust et Fred Bianconi. — CANAL+

FICTION

Des flics pris dans un très bon «Engrenages»

La troisième saison de la s"rie policière française à l'anglo-saxonne d"bute ce lundi soir sur Canal+...

Nouvelle saison, nouvelles enquêtes: l'une de la police sur un serial killer et l'autre d'un magistrat sur le financement occulte organisé par un maire. «Engrenages , saison 3» s'inscrit dans un ancrage géographique précis: le Nord-Est parisien et la proche banlieue. Mais le style reste à l'anglo-saxonne: cru, vif et nerveux. Si bien que les deux premières saisons ont été achetées par une soixantaine de pays, d'après Canal+, qui coproduit et diffuse* cette série de qualité.

Plus vrai que nature «L'esprit à respecter, c'est le réalisme», explique Manuel Boursinhac, l'un des deux réalisateurs. Un aspect documentaire donc, avec caméra à l'épaule qui saisit drames intimes et urgence des situations. Question crédibilité, des policiers sont présents sur le tournage. «“Le Squale” et “Pépère” nous montraient comment sortir un flingue, le tenir», raconte le comédien Fred Bianconi. Grégory Fitoussi, lui, était assisté d'un vrai avocat, pour les termes employés lors des plaidoiries. Mais la vraisemblance est due aussi à des clins d'œil à l'actu, comme la suppression du juge d'instruction.

Serial killer de proximité Des femmes massacrées par un serial-killer, le thème est archi-rebattu. «Mais on casse le mythe du tueur en série. Le nôtre n'a rien d'un Hannibal Lecter, romanesque. On s'est plutôt inspirés de Guy Georges», se défend Anne Landois, coscénariste. Dans «Engrenages», la traque ne s'organise pas à partir de bureaux high-tech, mais dans le brouhaha d'un commissariat de quartier. Un décor morne où transite la misère sociale: prostituées, clandestins, délinquants sexuels...

Des personnages en hypertension Les protagonistes pètent les plombs, jurent, cognent... on est loin du politiquement correct. «On montre des flics toujours à la limite. Face à des comportements humains très violents, cela se répercute sur leur manière d'agir», explique Anne Landois, admiratrice de «The Wire» et «The Shield». L'autre scénariste, Eric de Barahir, policier dans la vie, assène: «Les gens mentent tout le temps. Pour sortir, la vérité a besoin qu'on les pousse dans leurs retranchements.»

La caution d'un vrai

Il signe Eric de Barahir, pseudo tiré du jeu de rôle «Donjons & Dragons», dont il écrivait des histoires dans sa jeunesse. Ce policier en activité qui collabore comme scénariste depuis la saison 2 veille au réalisme: «Je veux montrer la difficulté du travail de policier. On se bat contre le crime, mais aussi contre notre administration et la justice.» Les séries avec clichés du «flic alcoolo» ou «expert en tout», il « ne supporte pas ».