voyage au pays de Hayao miyazaki

Stéphane Leblanc

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Miyazaki a accepté que ses films soient diffusés à la télévision, alors qu'il la déteste.
Miyazaki a accepté que ses films soient diffusés à la télévision, alors qu'il la déteste. — ARTE FRANCE

Depuis lundi, Hayao Miyazaki livre six de ses chefs-d'œuvre sur Arte. Un événement rarissime. Car le maître nippon de l'animation déteste la télévision. « Inadaptée » à l'œuvre de cet artisan militant qui veut pourtant que ses films « aient du sens et parlent à tous », comme le rappelle le documentaire d'Yves Montmayeur qui sera diffusé jeudi à 22 h, après Mon voisin Totoro.

Trois années de négociations
Pour justifier l'exceptionnel, Michel Reilhac, le directeur d'Arte France Cinéma, rappelle « une expérience un peu particulière » qui le lie de longue date à Miyazaki. A l'époque où il préparait Le Voyage de Chihiro, le cinéaste avait accepté une invitation à participer à un festival parisien à deux conditions : pouvoir visiter Strasbourg et passer un vrai réveillon de Noël dans une famille française.
Michel Reilhac l'a invité chez sa belle-sœur et leurs enfants ont improvisé un spectacle avec des peluches. « C'est peut-être au nom de ces moments de complicité chaleureuse qu'il a accepté de montrer ses films à la télévision », croit deviner le directeur d'Arte France Cinéma qui, en retour, avait été invité à découvrir le studio Ghibli à Tokyo l'année suivante. Ce travail de longue haleine « a pris trois ans », rappelle Michel Reilhac, car il a fallu aussi négocier avec Disney, qui détient les droits de diffusion des films de Miyazaki pour la France.

dessins animés

Mon voisin Totoro demain soir, à 20 h 35, puis Le Château ambulant, Nausicaä, Princesse Mononoke et Le Château dans le ciel sont les films à venir chaque lundi et jeudi d'avril sur Arte.