Jean-Luc Hees ne veut pas que l'on se moque du physique

MEDIAS Dans les colonnes du «Monde» du 2 avril, le patron de Radio France revient sur la polémique Guillon-Besson...

Laure Beaudonnet

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Jean-Luc Hees, président directeur général de Radio France, lors de la présentation de la grille de rentrée de France Info, le 2 septembre 2009.
Jean-Luc Hees, président directeur général de Radio France, lors de la présentation de la grille de rentrée de France Info, le 2 septembre 2009. — VILLARD / SIPA

L’affaire Guillon-Besson n’est pas encore terminée. Le président de Radio France, Jean-Luc Hees, en remet une couche dans le Monde, datée du 2 avril. Dans sa chronique «Je persiste et je signe: l’humour a ses frontières», il explique pourquoi il s’est excusé et quelles doivent être les limites de l’humour.

D’abord, il revient sur les attaques physiques proférées par l’humoriste à l’encontre du ministre de l’Immigration. Ce dernier s’était moqué d’Eric Besson en pointant «ses yeux de fouine et son menton fuyant». Le président du groupe justifie sa réaction: «Faut-il s’excuser d’être profondément choqué de ce qu’on entend sur une station dont on est responsable?» Ses excuses avaient fait l’objet de sévères invectives dans les médias, décrivant sa logique de «liberticide». Il se défend. «Je pratique le journalisme depuis 40 ans, avec diverses fortunes, et je crois avoir montré mon penchant profond pour la liberté, notamment sur les antennes du service public», écrit-il.

Vers une moralisation de l’humour

Revenant sur les principes fondamentaux de la démocratie et «des valeurs morales qui scellent le pacte républicain, il fait le lien entre la chronique de Stéphane Guillon et les préjugés antisémites de la seconde guerre mondiale. «(…) Nous avons une histoire. Qui nous enseigne que l’attaque de la personne, fait partie de ces valeurs infranchissables.» Il poursuit, en pointant «les années sombres, les références tellement amusantes aux yeux de fouine et aux doigts crochus, sont là pour nous le rappeler».

Sa chronique aboutit ainsi sur l’humour et sur ce que se doit de véhiculer le service public. «Je ne suis pas censeur. Quelle sottise! Mais j’ai toujours préféré la violence d’un Lenny Bruce ou d’un Desproges (…) à la tranquille certitude d’autres amuseurs», reprend-t-il. Jean-Luc Hees conclut sur son droit de trouver drôle ou non l’un des membres du personnel. Mais jusqu’où doit-on moraliser les propos d’un humoriste? Voilà le débat relancé: peut-on rire de tout?