«Nurse Jackie», une dose de folie

SERIE Canal+ lance ce soir à 22h30 une fiction médicale grinçante...

Anne Kerloc'h

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Un peu de Vicodin et ça repart pour l'infirmière Jackie (Edie Falco, à droite).
Un peu de Vicodin et ça repart pour l'infirmière Jackie (Edie Falco, à droite). — Lionsgate and Showtime

Un, je suis un membre du personnel médical à l'humeur mal rabotée. Deux, je suis accro à la Vicodin. Trois, mon nom n'est pas House. Le bon (?) Docteur, diffusé sur TF1, n'est pas encore devenu un personnage générique, au brevet tombé dans le domaine public, mais il est difficile de ne pas penser à lui en décou­vrant «Nurse Jackie», ce soir à 22h30 sur Canal+.

 

«Un clin d'oeil à «Dr House»

 

Une infirmière pro mais capable de folles impros, comme jeter l'oreille d'un sadique aux toilettes ou trafiquer le distributeur de médocs pour avoir sa dose. «Il y a un forcément un clin d'œil à “Dr House”, souligne Marjolaine Boutet, auteur du livre Les Séries télé pour les nuls (éd. First). En même temps, l'addiction est une réalité dans le milieu hospitalier.»

 

Finis les médecins tout-puissants

 


Aline Marrache-Tesseraud, chargée des acquisitions fiction de Canal+, ajoute: «“Nurse Jackie” montre l'envers du décor de l'hôpital, les difficultés au quotidien, les cas de conscience.» L'interprète, Edie Falco (ex-Mme Soprano), a d'ailleurs mouillé sa blouse bleue pour défendre la réforme médicale d'Obama.


«En ce moment, les fictions médicales se recentrent sur les infirmières, reprend Marjolaine Boutet. On n'est plus dans la toute-puissance du médecin, mais dans une vision humaine: l'accompagnement des familles, les frustrations, l'euthanasie.» Pourtant, la série n'a pas le format des dramas (52 minutes) mais celui des comédies (26). Dinguerie et humour noir s'invitent donc entre les perfusions. «Dans cette série singulière, on peut s'attendre à tout, même au plus rocambolesque», note Aline Marrache-Tesseraud. La preuve dès le pilote, où Jackie, femme aux identités multiples, arrive à scier le public de surprise.