Dépeint par Stéphane Guillon comme une «taupe du FN», Eric Besson demande à France Inter de prendre ses responsabilités

MEDIAS La dernière chronique de l'humoriste a déclenché la fureur du ministre de l'Immigration...

Corentin Chauvel avec O.R.

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 Stéphane Guillon, le chroniqueur humoriste de France Inter
 Stéphane Guillon, le chroniqueur humoriste de France Inter — Radio France/ Christophe Abramowitch

DERNIERE INFO: 19h23, Nicolas Demorand: «Au coeur du trait caricatural, il y a très souvent la déformation de traits physiques, c'est aussi ancien que la caricature»

Nouveau clash entre Stéphane Guillon et Eric Besson. L'humoriste a profité de la venue du ministre de l'Immigration ce lundi dans les locaux de France Inter pour retracer au vitriol une carrière qui n'aura servi qu'à «relancer le Front national (FN)». Ce à quoi Eric Besson a réagi vertement, demandant à la radio publique de prendre ses responsabilités.

A tel point que Jean-Luc Hees, président du groupe Radio France a présenté «les excuses du groupe Radio France à M. Éric Besson», sur LePoint.fr. «Sans se prononcer sur le fond, Jean-Luc Hees relève en particulier une formule de l'humoriste qui ne lui semble "pas conforme aux valeurs du service public": lorsque Guillon évoque les "yeux de fouine" d'Éric Besson», précise le Point.fr. En effet, selon le président du groupe, «les critiques sur le physique des personnes n'ont pas lieu d'être sur Radio France».

La chronique de Guillon, «un exercice d'outrance contrôlé»

La chronique humoristique est «un exercice d'outrance contrôlé qui n'est possible et drôle qu'à condition, d'une part, de lui donner toute liberté et, d'autre part, d'accepter de lui donner dans des formats journalistiques extrêmement rigoureux des diagonales de folie et de rire», a défendu Nicolas Demorand qui anime la matinale de France Inter, estimant également que quand «Jean-Luc Hees présente ses excuses, cela ne fragilise pas notre travail au quotidien.» «Au coeur du trait caricatural, il y a très souvent la déformation de traits physiques, c'est aussi ancien que la caricature», conteste Nicolas Demorand, même s'il avoue ne pas être  «nécessairement client de cela».

Le SNJ-CGT a dénoncé de son côté les «menaces scandaleuses et dangereuses» du ministre de l'Immigration Eric Besson, qui a critiqué sur l'antenne de France Inter la «dérive» de l'humoriste. «Ces menaces proférées contre le droit à la caricature, contre le droit d'expression et de critique sur cette radio et contre sa rédaction sont scandaleuses et dangereuses», estime le syndicat dans un communiqué.

Surnommé «le Mata Hari de la politique française» par l'humoriste dans sa chronique, le ministre est dépeint comme une «taupe du FN» dont Jean-Marie Le Pen est le mentor. Suit le déroulement d'une carrière couronnée de succès grâce à «un physique passe-partout et antipathique». L'objectif d'Eric Besson selon Stéphane Guillon: expulser des étrangers et relancer les thèses du FN.

Marine Le Pen présidente en 2012, Eric Besson Premier ministre

Pour atteindre son but, l'humoriste raconte qu'Eric Besson s'est d'abord infiltré au sein du PS, où «seul l'humour de Georges Frêche» lui a permis de surnager, avant de rejoindre l'UMP. Puis son rêve s'est enfin réalisé avec sa nomination à la tête du ministère de l'Immigration et l'organisation d'un débat sur l'identité nationale qui a pu «remettre au goût du jour les thèses du FN».

Le futur selon Stéphane Guillon? Marine Le Pen au pouvoir en 2012, Eric Besson Premier ministre et «Eric Zemmour à la culture». Une chronique que n'a pas du tout appréciée l'intéressé qui, quelques minutes plus tard, était l'invité de la matinale de France Inter.


Le Pen, Besson et Zemmour !

France Inter doit prendre ses responsabilités

Avant de répondre aux questions de Nicolas Demorand, Eric Besson a ainsi tenu à faire une mise au point. Il  a indiqué n'avoir pas écouté la chronique de l'humoriste, mais il a reçu «des SMS d'amis» lui parlant de «mots lourds». Jugeant «raciste» celle dont il avait déjà fait l'objet en novembre au sujet des mariages gris, Eric Besson a estimé que cette fois-ci France Inter, en tant que service public, devait prendre ses responsabilités.


Le mariage gris d'Eric Besson

Selon le ministre, il s'agit d'un «match très inégal» qui se déroule entre lui et Stéphane Guillon puisqu'il n'y a pas de «face à face». Il a également fustigé le fait que l'humoriste apparaisse sous l'image d'un martyr qui a le droit de tout dire alors qu'il assène des «thèses au nom du supposé humour».


Eric Besson - France Inter