«La Rafle», un mélo et un documentaire pour une même tragédie

CINEMA Une période noire de la France lors de la Seconde Guerre mondiale...

Caroline Vié

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Jean Reno dans La Rafle.
Jean Reno dans La Rafle. — B. CALVO / GAUMONT

La Rafle, le film de Roselyne Bosch qui sort ce mercredi, est un cauchemar pour le critique. Son cerveau se coupe en deux dès les premières images. L'hémisphère droit, celui de la sensation, ne peut que souffrir en découvrant des enfants séparés de leurs mamans à coups de crosse de fusil par des Français abjects. L'hémisphère gauche, celui de la raison, se révolte.

 

Casting réussi, film décevant

 

De grosses ficelles comme de voir Hitler parler de fours crématoires en dégustant un barbecue ou un bambin courir vers les trains de la mort en criant «maman» le mettent à rude épreuve. Pour ce film qui réunit Gad Elmaleh, Jean Reno, Mélanie Laurent, Sylvie Testud et Anne Brochet, Roselyne Bosch s'est appuyée sur des faits historiques et son honnêteté ne fait aucun doute. Mais son point de vue trop illustratif fait pencher son film du côté du mélodrame pesant. Des oeuvres comme La Liste de Schindler de Steven Spielberg ou, plus récemment, Liberté de Tony Gatlif, ont démontré qu'il était possible de traiter ces sujets sans pathos, ce qui les rend d'autant plus admirables.

«Les Convois de la mort», documentaire de Raphaël Delpard, aussi en salle demain, en offre une nouvelle démonstration. En revenant sur le rôle inique joué par la direction de la SNCF dans les déportations, ce film passionnant prouve que quelques minutes de témoignage d'une vieille dame rescapée revivant son cauchemar face à la caméra bouleversent plus profondément qu'une fiction aux effets appuyés.