Les régionales, ça stimule

Alice Coffin

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Twitter-les-Bains, une plate-forme créée par le site Fluctuat.net.
Twitter-les-Bains, une plate-forme créée par le site Fluctuat.net. — DR

De la contrainte naît la créativité. La théorie est bien connue des industriels. Elle l'est aussi des responsables télé, qui l'appliquent volontiers cette année aux élections régionales. En gros, résume, très anonymement, l'un d'entre eux : « Les régionales, c'est emmerdant, alors faut trouver des astuces pour intéresser. » Envoyez, donc, les innovations.

Sur Public Sénat, mercredi prochain, Pécresse et Huchon débattront... en 3 D ! Les téléspectateurs pourront créer sur le site de la chaîne un avatar et participer via une « chat room ». Autre première, pour M6, en partenariat avec MSN, une soirée électorale sur Internet. « On aura une présentatrice, des invités, des duplex, confie Christian Bombrun, DG adjoint de M6 Web. Mais on s'est dit que TF1 et France 2 faisaient déjà des soirées électorales donc que, ça, c'était plus innovant. » Ou moins risqué pour les audiences. La dernière soirée spéciale régionales sur France 3, le 21 février, n'a réuni que 640 000 téléspectateurs. Pour ses soirées électorales, la Trois mise, d'ailleurs, elle aussi, sur Net. Elle proposera ainsi vingt-deux émissions locales. « On n'attend pas des tonnes d'audience, explique Alain Castanié, directeur délégué des sites régionaux de France Télévisions. On profite de ces élections pour expérimenter des dispositifs. »

Les régionales serviraient-elles de cobayes ? « Disons que ceux qui y trouvent leur compte sont les politiques et les médias mineurs », estime Daniel de Almeida, le rédacteur en chef de Fluctuat.net. Le site a créé la plate-forme Twitter-les-Bains. Elle permet de suivre la campagne à travers les commentaires laissés par les candidats sur le site de microblogging Twitter. « Ce sont plutôt les seconds couteaux de la politique qui s'y expriment, poursuit-il. Mais grâce à cet événement mineur que sont les régionales, ils peuvent exister, et des sites comme Twitter ou des blogs très confidentiels se faire un nom, car ils traitent d'une actu délaissée par les autres. »

A condition, donc, de le faire avec humour. « Indispensable pour intéresser les auditeurs », estime Jean-Baptiste Prévot, président de Radio Campus. Son antenne proposera ainsi, la semaine prochaine, à 19 h une émission sur les régionales ponctuée de portraits décalés et de quiz adressés aux invités politiques. On leur demandera, notamment, de reconnaître à quel parti appartient tel hymne de campagne. Antisèches disponibles en page Culture. W