«Dexter», mon serial killer bien-aimé...

TELEVISION La série troublante est diffusé ce soir, saison 4 sur Canal+ et saison 1 sur TF1...

Anne Kerloch

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« Dexter » (Michael C. Hall) ou la vie presque ordinaire d'un tueur en série.
« Dexter » (Michael C. Hall) ou la vie presque ordinaire d'un tueur en série. — CBS STUDIOS

Bonjour, je m'appelle Dexter, je suis serial killer. J'aime les taches de sang, les chemisettes tendance fraîcheur-du-bord-de-mer et vous m'adorez. Ce jeudi soir, Canal+ programme la saison 4 à 20h45 et TF1 tente à 23h25 la saison 1 de cette série de Showtime, dérangeante jusque dans son générique, mais qui a séduit le grand public.

Les raisons d'une attraction? «Dexter n'est pas un simple serial killer, estime Aline Marrache-Tesseraud, directrice des acquisitions fiction pour Canal+. En apparence, c'est le gendre idéal. Il a une part de normalité, mais surtout une part obscure, qui dirige la narration.» Un vernis de banalité qui suscite même l'identification.

Itinéraire d'un homme ordinaire

Pour Marjolaine Boutet, docteur en histoire et auteur des Séries télé pour les Nuls (Ed. First), «son itinéraire ressemble à celui d'un homme ordinaire. La première saison explore son rapport au père. Dans la seconde, il affirme ses choix d'adulte, puis il y a le mariage, la paternité dans la saison 4». L'utilisation de la voix off retraçant ses pensées renforce la proximité. «Shakespeare avait inventé ces monologues dans Richard III, reprend Marjolaine Boutet. Cela rendait le criminel plus humain!»

Raisonnablement gore

Dexter peaufine ses scènes de crime... et les scénaristes leur narration, travaillée avec minutie, la série «est d'une modernité et d'une qualité d'écriture rare, souligne Rémy Jacquelin, directeurs des acquisitions de TF1. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de l'acheter alors qu'elle était conçue au départ pour une chaîne câblée payante, Showtime, au public plus restreint, et pas pour une grande chaîne généraliste.» Ils ont beau passer de rebondissement en rebondissement, les ressorts dramatiques ne se distendent pas d'une saison à l'autre - exception faite de la trois, un peu ramollie - et ils arrivent toujours à faire sursauter le public.

«C'est une des séries qui se renouvelle le plus narrativement, particulièrement dans la saison 4 avec l'arrivée du bébé», note Aline Marrache-Tesseraud. A chaque fois, Dexter peut aussi compter sur un adversaire qui a du corps. Et bien sûr des tripes. Question entrailles, la fiction réussit en plus à exposer l'horreur sans être gore. Le sang est souvent traité de manière abstraite, comme un symbole plus qu'un élément de terreur. En bon père de famille, Dexter n'effraie pas quand il repeint les murs. Même aux artères.


Dexter - Generique