Augustin Vexiau: «Faire partie des grands portails d'information généraliste»

MEDIAS Europe1 lance une nouvelle version de son site Internet. Objectif: s'appuyer sur le succès de la station pour devenir un site incontournable...

Propos recueillis par Sandrine Cochard

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Passer d’un site «vitrine» à un portail exhaustif de plusieurs chaînes d’info, c’est le pari que tente de relever Europe1.fr en lançant ce lundi sa nouvelle version. Objectif: «rattraper le retard de la station» sur le Net et «capter la formidable audience de l’antenne», selon Augustin Vexiau, le directeur d’Europe1.fr. Interview.
 
Pourquoi lancer un nouveau site aujourd’hui?
Il était nécessaire de rattraper le retard pris par les radios sur Internet et d’offrir à la marque Europe1, qui est un média très puissant, le site qu’elle doit avoir. En général, les sites des radios fonctionnent comme des compagnons de l’antenne avec une équipe web qui met en ligne des sons diffusés. C’était encore le cas d’Europe1.fr l’année dernière. Alexandre Bompard (le PDG d’Europe1, ndlr) nous a donné un an pour repenser le site entièrement et le faire évoluer vers un vrai portail généraliste.
 
Justement, n’avez-vous pas l’impression d’arriver trop tard?
Non, jamais. Il y a encore plein de gens qui ne vont pas sur Internet ou sur des sites de presse. Il y a toujours des viviers d’audience énorme, il n’y a qu’à voir la progression du figaro.fr en l’espace de trois ans. On s’adresse aussi à une population qui zappe d’un site à l’autre, allant chercher le sport à un endroit, la politique sur un autre et la détente encore ailleurs, en leur proposant de tout réunir au même endroit.
 
Pourquoi avoir opté pour un portail?

Pour retranscrire la richesse d’Europe 1. C’est une station généraliste qui est aussi légitime sur l’info que sur le sport, la culture ou l’humour. D’où les nombreuses chaînes thématiques développées (sport.europe1.fr, politique.europe1.fr etc.) sur le site. En plus, la station compte de nombreuses têtes d’affiche, comme Laurent Ruquier, Nicolas Canteloup ou encore Marc-Olivier Fogiel. Il nous a semblé important d’exploiter cette richesse, notamment en leur réservant un espace personnel à chacun sur le site.
 
Radio et site fonctionnent sur le même tempo de l’info en continu. N’y a-t-il pas un risque de concurrence avec l’antenne?
Non, au contraire car nous travaillons ensemble. L’équipe du web est intégrée physiquement et hiérarchiquement à la rédaction d’Europe 1 puisqu’elle dépend aussi de Laurent Guimier, le directeur de la rédaction. Cela permet une plus grande synergie le site va pouvoir s’appuyer sur les forces et les contacts d’Europe 1. Radio et web partagent cette notion de bouclage permanent, il n’y a donc pas d’arbitrage en faveur de l’un ou de l’autre comme cela peut exister dans la presse. Il n’y a pas de réticences à passer des infos sur le site, que ce soit après ou avant leur diffusion à l’antenne.
 
Quels sont vos objectifs d’audience?

Dépasser les 3 millions de visiteurs uniques mensuels en 2010 (le site comptait 1,8 million de VU en octobre 2009, ndlr). Nous aimerions faire partie des grands portails d’information généraliste médias. Ils sont encore assez rares en France.
 
Vous abandonnez les podcasts?

Non, ils seront toujours facilement disponibles sur le site. En tout, les podcasts représentent 3,5 millions de téléchargements par mois. L’objectif est de démultiplier le trafic qu’ils génèrent en les habillant sur le site, notamment par des vidéos facilement identifiables. La vidéo sera un des produits importants du site, avec environ dix vidéos produites par jour. Mais nous n’allons pas passer tout en podcast vidéo. Nous nous adressons autant à ceux qui écoutent Europe 1 qu’à ceux qui ne l’écoutent pas.

Gratuit, pour le moment…

Alors que l’année 2009 a été marquée par un retour des sites au payant, Europe1.fr est gratuit, «comme la radio». «On pense d’abord à faire un site qui fonctionne bien et qui rattrape son retard, selon Augustin Vexiau. L’évolution vers le payant, pourquoi pas, mais nous n’avons rien lancé en ce sens pour le moment.» Par ailleurs, Europe1.fr a déposé un dossier de candidature au Spel, ce fonds d’aide à la presse en ligne créé par le gouvernement. La liste des bénéficiaires sera connue autour du 20 février prochain.