La rencontre de deux stratégies de com

DECRYPTAGE Nicolas Sarkozy est l'invité du «20h» et de «Paroles de Français», ce lundi soir, sur TF1...

Alice Coffin

— 

Nicolas Sarkozy sera interviewé par Laurence Ferrari, puis par une dizaine de Français.
Nicolas Sarkozy sera interviewé par Laurence Ferrari, puis par une dizaine de Français. — G. SCARELLA / FRANCE 2

«Paroles de Français», et de Français de TF1. Nicolas Sarkozy interviendra ce soir au journal de 20h de Laurence Ferrari. Puis il sera interrogé par une dizaine de personnes, encadrées par Jean-Pierre Pernaut. A la différence du «J'ai une question à vous poser» de la campagne présidentielle, les intervenants n'ont pas été sélectionnés par un institut de sondage, mais par TF1 elle-même.

>> Suivez l'intervention du chef de l'Etat en direct sur 20minutes.fr dès 20h


Tous ont figuré dans un reportage diffusé par la Une ces dernières semaines. «Le principe est de donner un droit de suite à ces gens», explique François Bachy, chef du service politique de TF1. Et «grâce au média de masse qu'est TF1, de faire de la pédagogie et répondre aux préoccupations des Français», renchérit Franck Louvrier, en charge de la communication de l'Elysée. Bref, ce dispositif satisfait tout le monde.

Français, Françaises, internautes
 

«C'est la rencontre de deux politiques de communication, souligne la sociologue des médias Marie Lherault*.Comme par enchantement, les envies de la Une et de Sarkozy concordent.» Pour TF1, «ce concept permet un côté feuilletonnant, on retrouve des personnages déjà vus». Même si au-delà de cette astuce, «la rencontre entre un président et les Français a été utilisée à plusieurs reprises par Giscard», souligne l'historien des médias Christian Delporte. Ou, plus récemment par Obama, version Internet.

Pernaut relaiera d'ailleurs des questions d'internautes déposées sur le site «TF1 et Vous». Pour le Président, «après des démêlés avec France Télévisions, cela permet aussi de dire: "Vous voyez, vous n'êtes pas incontournables", souligne Marie Lherault.» Là encore, les intérêts convergent. «On le voulait pour nous seuls, sur TF1 et seulement sur TF1», souligne François Bachy. Au-delà, Nicolas Sarkozy «est demandeur de ce type d'émissions qui avaient bien marché avec "J'ai une question à vous poser", parce qu'on est dans une crise de la légitimité de la parole publique, note le journaliste Bertrand Delais**. Il y a une volonté de faire sauter les corps intermédiaires». Pour privilégier le contact direct. Reste à convaincre non seulement le citoyen mais le téléspectateur. L'audience, elle aussi, est une envie commune de TF1 et du Président.

* Publiera en avril La Télévision pour les nuls (Ed. First).

** Réalisateur du prochain Histoires secrètes des cohabitations.