«Mes chères études», un téléfilm «choquant, mais très bien fait»

TELEVISION Des lecteurs de «20 Minutes» ont vu le téléfilm diffusé ce lundi soir à 20h45 sur Canal+...

Anne Kerloc'h

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Déborah François incarne Laura D., obligée de se prostituer pour payer ses études dans le téléfim de Canal+ «Nos chères études».
Déborah François incarne Laura D., obligée de se prostituer pour payer ses études dans le téléfim de Canal+ «Nos chères études». — A. DE WILLIENCOURT/FILMS DU KIOSQUE/CANAL+

Laura D. (Déborah François) enlève ses lunettes noires. Et laisse échapper un sourire sans réponse. Fin du film.Dans la salle, on entend un souffle de soulagement. Amélie, Carole, Jules, et Emilie, étudiants ; Franck, employé commercial ; - tous lecteurs de 20 Minutes - viennent de visionner Mes chères études, téléfilm signé Emmanuelle Bercot sur le thème de la prostitution étudiante, adapté du livre éponyme de Laura D. (Ed. Max Milo). Le réalisme des scènes, la nudité malmenée troublent. « Un peu glauque », lâche Franck ». « Choquant, mais très bien fait », estime Carole, en école de commerce. Son amie Amélie y voit un « style documentaire ». Impressions croisées.


Argent douloureusement gagné

Plans de calculettes, bruits de caisse enregistreuse, la réalisatrice souhaitait que l'argent soit omniprésent. « On s'identifie au personnage, avec les soustractions, les factures qui tombent, ce qu'on connaît tous », note Carole. S'ils n'ont entendu parler de la prostitution étudiante que par les médias (lire encadré), nos « jurés » sont unanimes sur l'oppressante question de l'argent. « Il n'y a aucune aide pour les étudiantes dans le cas de Laura, souligne Jules. Elle n'a pas droit aux bourses, vit dans une petite ville où les jobs sont rares. » Reste l'argent vite et douloureusement gagné. «100, 200 euros, psychologiquement, cela a un impact, ces sommes tombent vite», avance Emilie. L'argent, c'est aussi «la pression du groupe, surtout à Paris. On ne veut pas se sentir à part avec un simple jean ou un vieux portable», lâche Amélie.


Touchés, ils le sont par l'isolement de Laura D.: petit ami radin, clients manipulateurs... «Le pire tableau des hommes qui soit! Aucun ne l'aide», lance Jules. Quant à Joe, le premier client, «leur relation est ambiguë, note Franck, il lui fait vivre des monstruosités, mais joue les seconds pères». Dans ce tableau triste et humain, «Laura ne peut parler à personne, s'enferme», regrette Amélie, qui ajoute: «Si j'avais une amie à qui cela arrivait, j'aimerais pouvoir l'aider.»