La famille Halimi déboutée de ses poursuites contre «Choc»

MEDIAS Dernier acte dans la procédure qui oppose les deux parties depuis mai dernier...

Avec agence

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Ilan Halimi, un jeune juif français enlevé et torturé à mort l'année dernière en banlieue parisienne, a été inhumé vendredi au cimetière de Jérusalem en présence de plusieurs centaines de personnes venues lui rendre hommage.
Ilan Halimi, un jeune juif français enlevé et torturé à mort l'année dernière en banlieue parisienne, a été inhumé vendredi au cimetière de Jérusalem en présence de plusieurs centaines de personnes venues lui rendre hommage. — Jack Guez AFP/Archives

Fin de partie pour la famille Halimi. Le tribunal correctionnel de Paris l’a débouté mardi de sa demande de condamnation du magazine Choc. L’hebdomadaire avait publié en Une, en plein procès du gang des Barbares en mai 2009, la photo du jeune Ilan torturé.
 
Condamné en référé
 
La justice s’était déjà penchée sur cette affaire en référé (procédure d’urgence), en mai dernier, au cours de laquelle la mère et les soeurs d'Ilan Halimi avaient obtenu 40.000 euros de dommages et intérêts et l'interdiction du magazine, une sanction rarissime. Sur cette photo, envoyée par les ravisseurs aux parents d'Ilan Halimi afin de leur demander une rançon, on pouvait voir le jeune homme avec le visage enrubanné d'adhésif, un pistolet sur la tempe et les poignets entravés. Il avait ensuite été torturé à mort.
 
La cour d'appel avait ensuite atténué la peine, en autorisant le retour du magazine dans les kiosques avec la photo "occultée", une mesure quasiment irréalisable qui n'avait pas permis la réapparition de Choc. Parallèlement, le parquet avait engagé des poursuites au fond, aux côtés de la famille, contre le mensuel. C'est sur cette procédure que s’est prononcée mardi le tribunal.
 
Relaxe
 
Selon la 17e chambre, la plainte est irrecevable. «Le délit n'étant susceptible d'être caractérisé que lorsque la victime à la dignité de laquelle il a été porté gravement atteinte est vivante, il y a lieu de» relaxer le magazine, a jugé le tribunal, suivant l’argument de l’avocat de Choc, Me Richard Malka.
 
Le ministère public avait pourtant soutenu la partie civile, lors de l'audience du 17 novembre dernier, stigmatisant une «atteinte à la dignité d'une gravité exceptionnelle». Il avait demandé au tribunal de condamner le mensuel à 5.000 euros d'amende. «C'était mettre de l'huile sur le feu et risquer de provoquer un trouble à l'ordre public. C'était du sensationnalisme, du racolage et non plus de l'information», avait dénoncé le procureur Carole Bochter.