quand Télé et famille font bon ménage

Alice Coffin

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Familles, la télé vous aime. Depuis soixante ans, « la télé s'intéresse à la cellule familiale, parce qu'elle est un creuset d'histoires, de secrets et un thème suffisamment généraliste pour toucher un vaste public », explique le producteur Philippe Thuillier. Il a conçu le nouveau programme de France 2, « Toutes les images de notre vie » (lire encadré), qui explore, ce soir, les représentations cathodiques de la famille.

Un thème dont l'historienne Marie-Françoise Lévy a étudié les différentes manifestations entre les années 1950 et 1990. « La télé n'est ni réactionnaire ni révolutionnaire quand elle parle de famille, explique-t-elle. Elle accompagne les évolutions. » « Un miroir, un reflet », confirme Philippe Thuillier. En témoignent les nombreux extraits de JT, magazines et séries qui émaillent l'émission. « Dans les années 1950, où les contraintes quotidiennes étaient très présentes, les programmes parlaient très concrètement des soucis des ménages, conseils pratiques à l'appui », détaille Marie-Françoise Lévy.

Puis dans les années 1960, le petit écran devient, pour les problèmes familiaux, une agora. « Un magazine comme "Les femmes aussi" jouait un rôle de service public, poursuit l'historienne. S'y exprimait une crise de la famille. » Les années 1980, avec l'apparition de l'émission « Psy Show », se recentrent, elles, « sur la psychologie comme vecteur de compréhension des crises familiales et conjugales, on aborde les secrets de famille, la souffrance affective, avec en fil rouge, l'émotion. C'est aussi le cas actuellement. »

Car aujourd'hui, la famille reste au coeur de nombreux programmes et séries : France 2 est ce soir en concurrence avec « Familles d'accueil », sur France 3, et « Une famille formidable » a cartonné, le 4 janvier, sur TF1.

Une étude réalisée en 2006 par Ipsos sur « La représentation de la famille à la télévision » montre, du reste, selon sa coordinatrice Christelle Charpelet que « même si 60 % des Français jugent les représentations de la famille trop caricaturales, 74 % d'entre eux s'y intéressent, d'abord parce que ce sujet a, pour eux, un écho personnel. » L'effet miroir, encore. W

La Télévision des trente glorieuses (CNRS Ed.) et Les Lucarnes de l'Europe (Publications de la Sorbonne).