« nos contraintes ont été notre chance »

recueilli par Anne Kerloc'h

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Quand La Cinquième s'est lancée, on doutait de sa pérennité...

Claude-Yves Robin : Elle était très moquée... mais c'est la 5e chaîne nationale depuis deux ans avec une offre originale, construite sur quinze ans. Si France 5 avait démarré au moment de la TNT elle n'en serait pas là. Notre chance a aussi été notre double contrainte de départ : la mission éducative et le fait de s'arrêter à 19 h. Pour rendre les contenus accessibles à tous, France 5 est devenue pionnière de l'Internet, la première à mettre ses émissions en ligne... On a créé la catch-up TV avant que le nom n'existe !

Comment retenir le public en soirée quand on a un budget comme le vôtre, assez... minimaliste ?

Il faut structurer l'offre, la rendre lisible. Le lundi, par exemple est thématisé sur l'histoire depuis 2006. Depuis la rentrée 2009, on capitalise sur les fans, en leur offrant des fictions historiques.

Quel bilan tirez-vous de votre flash « C l'info », lancé cette rentrée ?

Il permet d'attraper les amateurs d'actu 5 à 10 minutes plus tôt et de donner plus d'audience à « C à dire ». Un attelage remarquable avec « C dans l'air » et « C à vous », animé par Alessandra Sublet et dont on est ravi. On a l'impression de regarder un rendez-vous familial, pas de la télé ! On aurait rêvé de lancer « C à vous » il y a un an, mais notre budget ne nous a pas permis d'aller aussi vite.

En revanche, baisse d'audience des « Maternelles »...

« Les maternelles » ont profité ces dernières années des RTT, des jours de congés dans la semaine. Il faut trouver de nouveaux ressorts. On va travailler sur des évolutions, à peine visibles mais qui donneront du souffle.

Comment vous distinguez-vous face à la concurrence dans la TNT ?

Par l'attention portée au public, avec lequel nous sommes en interaction permanente, grâce au Net. Et puis, la chaîne a une vitalité, un optimisme, là où beaucoup, sur la TNT, cultivent la nostalgie avec des rediffusions. Alors que rien n'est mieux qu'aujourd'hui ! Et qu'on peut anticiper demain.

Où en êtes-vous avec les Web-docs ?

500 000 euros, c'est notre budget annuel pour les productions Web. Nous avons ouvert un champ créatif en lançant une collection de 24 Web-docs : six destinations et quatre thèmes différents.

Bonnes audiences, actions pour la diversité... Vous voulez donner l'exemple aux grandes ?

La diversité est un esprit partagé à France Télévisions. Simplement, en tant que chaîne jeune, avec un brassage important dans les équipes, cela nous a été plus facile. W