Thierry Ardisson: «Je vais vous paraître affreusement prétentieux, mais…»

INTERNET L'animateur lance un méga-site perso avec 10.000 vidéos Thierryardisson.fr...

Propos recueillis par Anne Kerloc'h

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Tandis que son époux Thierry Ardisson est à Cannes pour la première fois en tant que producteur de cinéma, son épouse Béatrice veut "poétiser la Croisette". Mme Ardisson rêve de mettre en place une flotte de pousse-pousses pour éviter aux festivaliers d'arpenter plusieurs fois par jour les trois kilomètres de promenade.
Tandis que son époux Thierry Ardisson est à Cannes pour la première fois en tant que producteur de cinéma, son épouse Béatrice veut "poétiser la Croisette". Mme Ardisson rêve de mettre en place une flotte de pousse-pousses pour éviter aux festivaliers d'arpenter plusieurs fois par jour les trois kilomètres de promenade. — Anne-Christine Poujoulat AFP/Archives
Ceci n'est pas un site. C'est un «mausolée numérique» selon l'intéressé. Une opération inédite pour une personnalité de la télévision. Mardi, à 20 heures, Thierry Ardisson a lancé thierryardisson.fr. Particularité: ce site perso a été conçu avec l'institut national de l'audiovisuel, qui, pendant deux ans, a numérisé, découpé 7.500 vidéos d’archives de l’animateur sur les 10.000 disponibles.
 
L’idée de ce site vous serait venue en visitant l’institut national de l’audiovisuel?
C’est vrai! Je suis un grand admirateur du travail de l’INA, la façon dont ils arrivent à restaurer et numériser de vieilles bandes magnétiques. Un jour, j’ai visité l’institut avec ma fille. Devant moi, ils ont tapé «Manon Ardisson» et immédiatement, j'ai pu visionner un extrait d'une émission de 1992, «Double jeu» et où elle apparaissait à peine 30 secondes. Elle devait avoir quoi, 2-3 ans à l’époque! C'était fascinant. Je n’avais jamais rien vu de pareil, alors j’ai proposé à l’INA d’exploiter mes archives. Je garde tout dans ma maison en Normandie, des caisses entières, une masse invraisemblable. Je vais vous paraître affreusement prétentieux, mais si le projet les a intéressés, c’est que mes émissions ont une valeur patrimoniale, comme un reflet de leur époque. Mes interviews tiennent la route avec les années, car je les ai toujours extrêmement travaillées dans leur forme, leur montage. Je ne suis pas le genre à dire juste à un mec «j’ai adoré votre dernier disque». Quand je recevais Gainsbourg, on parlait de son enfance, de son père…
 
Continuons dans la modestie. Vous présentez votre site comme un «mausolée numérique». Vous vous vivez comme le Ramsès II de la télé?
 
Ouais, c’est ça, je me vis comme un pharaon! (rires) Non, en fait, c’est mon côté publicitaire qui resurgit. «Mausolée numérique», c’est une formule de pubard, j’aime bien cette oxymore. Surtout, je n’ai jamais été un animateur neutre, j’ai toujours mis du subjectif, du personnel. Sur le site, il y a ainsi des éléments très intimes comme mon train électrique ou la photo de mes parents.
 
Parmi toutes ces archives, y a-t-il des émissions que vous aviez quasiment oubliées?
 
Je me souvenais à peine d’Ardimat, un truc insensé où j’avais un pistolet à la main et où je menaçais de tuer un chien si les gens ne me regardaient pas. Ça a duré sept numéros à tout casser.
 
Les défenseurs des animaux, eux ont du s’en souvenir…
 
Ah oui ! J’étais un mauvais animateur mais le concept était dément. Dans le même genre «Descente de police» où on jouait aux flics en traitant les gens très mal, a été arrêté au bout de 6 numéros par la Haute autorité (ancêtre du CSA, NDLR). Bon, Karen Cheryl, s’était coupé la main avec une bouteille de bière, ça n’a pas trop plu…