Les paillettes people ont le coeur dur

DOCUMENTAIRE Canal+ diffuse mardi soir à 20h50 «Les méthodes chocs des paparazzis»

Anne Kerloc'h

— 

Quatre paparazzis ont accepté de révéler leurs méthodes à Romain Bolzinger.
Quatre paparazzis ont accepté de révéler leurs méthodes à Romain Bolzinger. — CANAL +

Du glamour canaille? Du ragot étincelant? Plutôt du business dur, des milliers d'euros qui s'échangent en cash, des technologies avancées et des pratiques qui ne reculent pas devant l'illégalité. Le docu Les Méthodes chocs des paparazzis, ce soir sur Canal+, ne ressemble guère à l'ordinaire des reportages sur la presse people. «On ne voulait pas exposer du folklore avec la planque qui dure des heures, ni de vision morale, souligne l'auteur, Romain Bolzinger, mais aller dans l'arrière-boutique: comment la presse people s'informe. Pour être au bon endroit au bon moment, il faut disposer d'infos confidentielles.»

Le film attaqué en référé
 

Durant des mois, il tente de convaincre des paparazzis de le laisser filmer des entrevues avec leurs informateurs : agents de France Télécom, policiers... Quatre d'entre eux acceptent d'être suivis par l'auteur, qui tourne seul 90 % du docu, pour rester discret, «et parce qu'ils m'avaient fait confiance à moi, pas à une équipe. Ils l'ont fait parce qu'ils savent que le jour où ils se font prendre, ils sont seuls alors que la presse se nourrit de leurs scoops.» Jean-Claude Elfassi, photographe, ironise : «C'est comme Mission impossible! Si vous êtes pris, nous nierons avoir eu connaissance de vos agissements.» Lui témoigne à visage découvert, «parce qu'[il] assume» et que le docu ne le montre pas dans une situation d'illégalité. Les autres sont floutés, comme la plupart des intervenants. «Les personnes de la presse people sont les plus au fait des lois sur le droit à l'image», note Romain Bolzinger. Le service juridique de Canal+ a visionné le docu avec une attention particulière. Des précautions qui n'ont pas empêché Michèle Marchand, informatrice puissante de la presse people, d'attaquer en référé pour faire supprimer les infos la concernant. Le tribunal de Nanterre ne l'a suivie que partiellement, demandant le floutage de son visage dans la seule séquence où elle apparaît (dans un lieu public...). Paradoxe d'un monde qui vit dans l'ombre pour faire commerce de l'intimité.