Pendant ce temps-là, à l'Est

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Pas de mur pour les ondes. « On captait à l'Est la télé de l'Ouest », explique Isabelle Bourgeois, chercheuse spécialiste de l'Allemagne. Les citoyens de RDA avaient développé une véritable aversion envers leurs propres médias. » Lorsqu'ils apprennent à la télé, le 9 novembre à 20 h, qu'un décret les autorise à voyager à l'Ouest, ils décident de vérifier l'information eux-mêmes, dans la rue. La suite est connue.

Lors de la chute du mur, la télévision est-allemande se fait, elle, on ne peut plus discrète. « Elle n'était pas présente, le soir du 9 novembre 1989 », affirme Sabine Belz, du Goethe Institut à Paris. C'est le lendemain seulement que l'émission « Aktuelle Kamera » relate la situation. Les télévisions des pays de l'Est en plein dégel, ainsi que les caméras soviétiques, elles, sont bien présentes. Les journalistes de l'URSS filment l'événement depuis Berlin-Est : une ambiance différente, moins festive. « Ils demandent aux gens pourquoi ils partent, s'ils comptent revenir... les interviewés ont un peu peur de répondre », poursuit ­Sabine Belz.

Aujourd'hui, ce sont les images d'amateurs qui émergent, auxquelles le Goethe Institut consacre une exposition jusqu'au 31 décembre*. Des clichés intimes, comme ces photos de familles souriantes, mais surtout des témoignages de tout ce qui passait devant les yeux à ce moment-là : embouteillages de Trabant - voitures typiques de la RDA - ; gardes-frontières un coca à la main ; vitrines des magasins de l'Ouest. Un point de vue né de l'autre côté. W

C. H.

* Plus d'infos à propos de l'exposition sur www.goethe.de/ins/fr/par/frindex.htm.