« On a touché Un public de 18 à 88 ans ! »

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En 1991, « Le journal du hard »,

« Le JDH », était comme un ado transgressif ?

L'émission s'est inventée sur le tas. Sans bureau, on discutait des sujets assis par terre, les auteurs des Guignols passaient nous voir... C'était transgressif avec un enthousiasme de gamins. A l'époque, l'économie du porno tenait sur la vente de cassettes VHS. « Le JDH » dédramatisait avec humour la violence de certaines images, tout en montrant du respect pour le cinéma X, traité comme... du cinéma.

Vous aviez aussi des grands-parents dans votre public...

On a touché un public plus large qu'on ne pensait, de 18 à 88 ans ! « Le JDH » était aussi l'objet de beaucoup de vannes dans le milieu étudiant.

A 18 ans, « Le journal du hard » a pris un coup de vieux ?

Le marché du X a évolué à cause d'Internet, des formats gratuits, courts, sans humour, sans ambition narrative. Les vrais films se font rares. L'aspect transgressif a disparu. Le porno, il fallait aller le chercher, oser se montrer en ­vidéoclub. Aujourd'hui, en un clic on le trouve quand on n'en cherche pas. Reste en France une tradition artisanale avec des personnalités fortes et drôles comme John B. Root. L'émergence du point de vue féminin sur le genre est aussi très intéressante. W

Recueilli par A. K.

« Le JDH », samedi sur Canal+ à minuit.