«Si on ne trouve pas de solution, Bakchich n'existera plus en janvier»

INTERVIEW Nicolas Beau, le directeur de la rédaction de Bakchich explique les raisons qui conduisent le groupe à déposer le bilan, lundi...

Propos recueillis par Sandrine Cochard

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Bakchich joue sa survie. Le site, qui a lancé fin septembre un hebdomadaire pour se relancer, va demander lundi, au tribunal de commerce de Paris, l’ouverture d’une procédure de redressement judicaire. Objectif: épurer ses dettes et trouver de nouveaux capitaux afin de poursuivre son activité. Nicolas Beau, le directeur de la rédaction de Bakchich explique les raisons qui ont conduit le groupe à en arriver là.
 
Pourquoi Bakchich va-t-il
déposer le bilan, lundi?
Nous faisons face à des difficultés financières importantes et nous allons demander l’ouverture d’une procédure de redressement judicaire, qui permet d’étudier les solutions qui s’offrent à nous pour maintenir notre activité. C’est une procédure classique à laquelle ont déjà eu recours des titres comme Libération ou Le nouvel Economiste.
 
Quel est le déficit de Bakchich actuellement?
Il s’élève à 100.000 euros, ce qui n’est pas encore énorme. Nous n’avons néanmoins pas pu verser les salaires et les piges du mois d’octobre. Pour maintenir notre activité, nous avons besoin de 70.000 euros par mois, soit environ un million d’euros par an.
 
Où en sont les ventes de l’hebdomadaire, lancé en septembre?
Elles sont stabilisées autour de 13.000 exemplaires par semaine. Le sixième numéro, paru mercredi dernier, est même monté jusqu’à 15.000. Si nous réussissons à maintenir ce chiffre, nous pouvons nous en sortir. Parallèlement, nous avons abaissé la mise en place des numéros en kiosque de 100.000 à 40.000 pour le numéro 7, paru aujourd’hui (mercredi, ndlr).
 
Avez-vous été contacté par d’éventuels repreneurs?
Non. Mais nous avons trois pistes de recapitalisation que je ne peux détailler pour l’instant et que nous présenterons devant le tribunal. Les aides à la presse en ligne (avec la création du statut d’éditeur en ligne, ndlr) peuvent également représenter une bouffée d’oxygène pour nous. Nous ne sommes pas non plus hostile à l’idée de fusionner avec un autre site, comme nous l’avions fait avec De source sûre. Nous avions d’ailleurs proposé de réaliser un cahier central pour Siné Hebdo, qui a décliné.
 
Quel est l’avenir immédiat de Bakchich? Allez-vous fermer le site ou arrêter l’hebdo?
Nous allons continuer les deux activités pour l’instant. Nous n’avons pas lancé un hebdo pour revenir à une simple activité Internet qui ne nous rapportais pas suffisamment. Notre situation est très incertaine. Si la reprise des ventes se confirme et que nous parvenons à une recapitalisation, nous aurons un cercle vertueux qui nous permettra de poursuivre. Dans le cas contraire, on ne sera plus là en janvier prochain.