Public Sénat, la parole est aux documentaires

TÉLÉVISION chaîne d'info politique est devenue une tribune inattendue pour les docus...

Alice Coffin

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Public Sénat, chaîne du documentaire? Du tout, et pourtant. La chaîne d'information politique consacre deux soirées par semaine au genre. Et, parmi les films au programme ce mois-ci, plusieurs ont reçu de prestigieux prix. «On n'est pas une antenne très connue, note Mireille Thibault, la directrice des programmes de Public Sénat, néanmoins nous recevons 500 dossiers par an de réalisateurs nous proposant leurs films.» «C'est énorme, et cela témoigne de leur crédibilité», estime Roch Bozino. A la tête de Java Films, il a coproduit Han, le prix de la liberté, lauréat du prix Albert Londres «audiovisuel», qui sera diffusé le 15 novembre sur Public Sénat.

Pas de stars, mais du journalistique
 

Sur ces 500 dossiers, la chaîne en retient près de 50 chaque année. Et leur répartit son budget de 400.000 euros. «Avec ces sommes-là, évidemment ce ne sont jamais les stars comme les documentaristes Patrick Rotman, Yves Jeuland ou William Karel qui viennent nous chercher», souligne Mireille Thibault. Tant mieux, à entendre Roch Bozino, car « les grosses chaînes ont justement tendance à se rassurer en allant vers des grands noms, quand Public Sénat n'attend pas vraiment un point de vue d'auteur, mais privilégie le travail journalistique». Nécessaire pour coller avec la ligne éditoriale de la chaîne. « On est une chaîne d'info politique, rappelle Mireille Thibault. Donc les sujets doivent être informatifs, on ne fait pas dans l'animalier, dans le strictement historique ou culturel. Les thèmes doivent permettre un débat de type politique.» Quant au mode de travail, «c'est une petite équipe très efficace, et d'une patience d'ange. Il n'y a pas la pression de l'audimat, qui existe même sur des chaînes comme Arte.», témoigne Dominique Hennequin réalisateur de Uranium, l'héritage empoisonné. Ce film sera à l'antenne le 7 décembre prochain. Et bien d'autres devraient suivre.