Les médias s'engouffrent dans la brèche des jeux en ligne

INTERNET Le pactole est évalué à plusieurs milliards d'euros...

Sandrine Cochard

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Le site de jeux en ligne Eurosportbet.fr devrait être lance par une filiale du groupe TF1 après adoption par l'Assemblee nationale.
Le site de jeux en ligne Eurosportbet.fr devrait être lance par une filiale du groupe TF1 après adoption par l'Assemblee nationale. — sipa

Les jeux en ligne, nouvel eldorado des médias? Alors que l’Assemblée nationale examine à partir de mercredi le projet de loi sur l’ouverture de ce marché en France, En ces temps de disette publicitaire, le pactole de ce marché, évalué à plusieurs milliards d’euros, attise les convoitises et certains médias espèrent bien en profiter.
 
Marché juteux
 
Il faut dire que le marché des jeux en ligne pourrait générer 3,5 milliards d'euros d'ici à 2015, estiment certains experts. Des figures du secteur médiatique, parmi lesquels Stéphane Courbit, Arthur, Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère, Martin Bouygues ou encore Patrick Le Lay ont déjà investi ce marché juteux.
 
Ainsi Stéphane Courbit, qui a fait fortune grâce à la vente de sa société de production Endemol, a déjà investi le marché des jeux en ligne. «Avec Mangas Gaming, qu'il possède à parts égales avec la Société des bains de mer (SBM, contrôlée par la principauté de Monaco), il détient plusieurs sites de paris sportifs et de poker implantés en Europe : Betclic, Expekt.com, Bet-at-home.com, Poker.fr, Nordicbet.com», détaille Le Monde. Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH et du quotidien économique Les Echos, détient 10% des actions de Betfair. Quant à l’animateur Arthur, il a annoncé au magazine Stratégies, en juin dernier, qu’il allait prendre une participation de «25% dans la société de paris sportifs qu'Endemol est en train de mettre sur pied».
 
Partenariats multiples
 
L’un des acteurs principaux du secteur, Bwin, multiplie d’ailleurs les partenariats avec des titres de presse pour organiser divers «Poker Tour». Il existe un «Parisien Poker Tour», un «Entrevue Poker Tour», un «JDD.fr Poker Tour» ou encore un «Ouï FM Poker Tour».
 
Mais l’alliance entre médias et jeux en ligne va plus loin et aboutit à la création de site de paris et de jeux en ligne. «Bwin a signé un partenariat avec le groupe Amaury (Le Parisien, L'Equipe, France-Football, etc.) pour créer un site qui s'appellera Sajoo.fr, explique encore Le Monde. Direct8, propriété de Vincent Bolloré, a créé Direct Poker en lien avec le site Pokerstars.fr.»
 
Le groupe TF1 est également à la pointe dans ce secteur. Sa filiale Eurosport a créé la joint-venture SPS avec le fonds Serendipity Investment, présidé par… Patrick Le Lay, ex PDG de TF1. C’est lui qui a piloté le lancement de la plateforme de paris et de jeux en ligne Eurosportbet, déjà opérationnel au Royaume-Uni. Et Patrick Le Lay ne cache pas son appétit pour la France. «Loto, casinos, PMU… Tout compris, le marché des jeux en France dépasse les 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires, c'est un marché plus important que la télévision», expliquait-il en mai dernier au Figaro.
 
Secteur concurrentiel
 
Si le gâteau des jeux en ligne est alléchant, qui va pouvoir se le partager? Le ministre du Budget, Eric Woerth, a annoncé qu’une cinquantaine d'opérateurs devraient être légalisés en cas d'adoption du projet. Un chiffre bien supérieur aux prédictions de Patrick Le Lay. «En France, il n'y a de la place que pour quatre ou cinq gros acteurs et nous espérons en faire partie, expliquait-il encore au Figaro. Ce qui compte, c'est d'être paneuropéen et de proposer toutes les catégories de jeux.» «Il est très difficile de se faire une place sur ce marché car il est déjà très ouvert et les nouveaux opérateurs ne peuvent se faire connaître au préalable, explique à 20minutes.fr Caroline de Fontenay, directrice marketing d'EurosportBet. Il faudrait que la loi remette les compteurs à zéro, notamment en réclamant la fermeture des comptes existants. Il faut redistribuer les cartes.»
 
De son côté, Canal+ hésite encore. «Nous ne sommes pas sûr d'aller sur le marché des paris sportifs en ligne», a déclaré Bertrand Méheut, le président du groupe Canal, en marge du MIPCom, qui se tient à Cannes jusqu'au 8 octobre. Il faut dire que Canal+ détient les principaux droits de retransmission du football français. Du coup, Bertrand Méheut estime que sa chaîne risque d'être juge et partie si elle propose aussi une offre de paris sportifs en ligne.

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PUBLICITE

L’article 4bis du projet de loi des jeux en ligne interdit aux chaînes de diffuser de publicité pour les jeux en ligne. Un sérieux manque à gagner: les investissements publicitaires des jeux en lignes sont évalués entre 200 à 250 M€ bruts par an au cours des trois prochaines années selon le cabinet NPA Conseil.