Sébastien Thoen: «Ce qui va trop loin, c'est cette "jungle"»

INTERVIEW L'humoriste revient sur son interpellation avec la troupe d'«action discrète» à Calais...

Propos recueillis par Sandrine Cochard

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 Sébastien Thoen d'«Action Discrète» sur Canal+.
 Sébastien Thoen d'«Action Discrète» sur Canal+. — Maxime Bruno / Canal +
La parodie n’a pas du tout plu à Eric Besson. Des membres de l’émission «Action discrète» de Canal+ ont été interpellés à Calais alors qu’ils tournaient une séquence autour de la «jungle» de Calais. L’un des acteurs, Sébastien Thoen, revient sur les événements pour 20minutes.fr

Pourquoi avez-vous tourné une séquence à la «jungle»?
Notre objectif est de décrire la réalité, de faire les cons sur des sujets délicats. Pour cette action à Calais, nous avions pris le parti de dire qu’on était les envoyés du ministère de l’Immigration. Nous n’étions pas en uniforme de policier, comme cela a été dit, mais en costume avec de fausses cartes bidon. Nous sommes partis du postulat, défendu par le ministère, que ces clandestins n’avaient pas de statut. On s’est dit qu’il fallait leur en trouver un et que leur donner le statut d’animal domestique était un premier pas. Je comprends que cela puisse choquer. D’ailleurs nous avons fait en sorte de trouver des personnes qui étaient scandalisées par nos propos.

 

Que s’est-il passé?
Nous avons été interpellés et avons passé 4h au poste. Le climat est très tendu à Calais. Au début, les gendarmes nous ont pris pour des no border, qui s’en prennent parfois aux forces de l’ordre. Puis nous avons été relâchés. Le reportage sera diffusé sur Canal +, samedi à 20h10.

Vous n’avez pas l’impression d’aller trop loin?
Tout dépend de qui regarde l’émission. Certains pensent que oui, on va trop loin, d’autres pensent au contraire que ce n’est pas assez, d’autres encore pensent que nous ne sommes pas drôles... Ce qui va vraiment trop loin, c’est cette “jungle”, le fait qu’on ne sache pas quoi faire de ces personnes. Ce n’est certainement pas nos blagues à deux balles. Eric Besson se sert de nous pour renvoyer l’image d’un homme qui se préoccupe des clandestins et disant qu’on n’a pas le droit de se moquer de ces personnes. Si M. Besson cherche à faire parler de lui, il ferait mieux d’apporter son soutien à Roman Polanski.