Pas de grasse mat' pour l'info

MEDIAS Cette saison, c'est encore et toujours la guerre des matinales entre les radios. Et les télés s'y mettent...

Alice Coffin

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Chez BFM TV, on chercheà satisfaire les attentes des CSP+ en prenant l'antenne plus tôt.
Chez BFM TV, on chercheà satisfaire les attentes des CSP+ en prenant l'antenne plus tôt. — O. LABAN-MATTEI / AFP

Europe 1 démarrait sa matinale à 7h l'an dernier. Depuis la rentrée, c'est 6h30 au micro pour Marc-O (Fogiel). Une demi-heure de sommeil en moins aussi pour les journalistes de BFM Radio à l'antenne dès 5h30. Les matinales changent, y compris en télé et s'adaptent toujours plus à une consommation en mode petit déjeuner.

« On avait constaté, explique Marc Gonnet, directeur marketing d'Europe 1, qu'à 6h30 on avait 1,3 million de personnes, mais 1,2 million à 6 h 45... » Parmi les frustrés d'infos de 6 h 30, il y avait certainement pas mal de CSP+, « les plus nombreux à l'écoute à cette heure-là », explique Médiamétrie. Confirmation de Guillaume Dubois, directeur de BFM Radio et BFM TV: «Les cadres, les dirigeants, les accros de la finance ont par exemple besoin d'être en phase avec le marché asiatique.» Eh oui, le cours du yen à 5h30 ne rebute pas tout le monde. Certains aiment même en voir la courbe.


Davantage de téléspectateurs

Toujours selon Médiamétrie, depuis 2007, les téléspectateurs sont 200.000 de plus devant leur poste entre 6h30 et 7h30. «C'est vrai que la première chaîne de France diffuse encore des dessins animés et du télé-shopping, mais la montée en puissance de l'info télé, le matin, comme aux Etats-Unis, est inéluctable, poursuit Guillaume Dubois. Principalement grâce à l'augmentation du nombre de postes. Il en faut une dans plusieurs pièces pour regarder la télé debout, ce qu'on fait le matin!» Symbole de cette évolution, Patrick Roger, ex-directeur de France Info a opté pour la même fonction sur BFM TV. Mais, attention, cette info télé-là ne se consomme pas comme celle du «20 heures». «C'est plus une info parlée, témoigne William Leymergie, aux commandes du «Télématin» de France 2. On doit pouvoir la déguster en passant d'une pièce à l'autre. Pour un plus par rapport à la radio, il faut de temps en temps avoir envie de jeter un coup d'oeil, comme pour voir un point de l'US Open.» Autre impératif de cette télé de l'aube : «Faire court, poursuit Leymergie. Depuis dix ans, on a adapté nos sujets en les raccourcissant. Les journaux durent dix minutes, pas trente, le matin, on n'a pas le temps. C'est prime à la rapidité.» L'info, antidote aux bâillements?