« Nous Deux » en sirop télé ?

Alice Coffin

— 

Une telenovela française est en route.
Une telenovela française est en route. — DR

« Pourquoi tu me repousses, tu n'aimes plus mes baisers ? Je les aime trop au contraire, et c'est pour cela que nous devons rompre. Manon ne mérite pas qu'on lui fasse cela. Elle est ma femme et ta meilleure amie. » Ce dialogue figure dans un des romans-photos parus cet été dans Nous Deux. Et servira peut-être bientôt de trame à une nouvelle fiction télé. L'info semble aussi peu crédible que les histoires d'amour des célèbres bluettes en images du magazine. Et pourtant, un très sérieux producteur, Jean-François Boyer - à l'origine, entre autres, de « Plus belle la vie » et d'« Un village français » - a signé un partenariat avec Nous Deux.

Une première saison - 130 épisodes de 26 minutes - de « Nous Deux, la série qui porte bonheur », est en cours d'écriture « Je veux créer une telenovela française, explique Jean-François Boyer. Les autres pays européens ont deux à trois feuilletons quotidiens. Nos chaînes ont besoin de ce type de projets. »

Certes, mais tout de même, n'est-ce pas un peu... daté, nunuche, tartouille ? « Et bien, je voudrais que ce soit encore un poil plus kitsch ! Mais on fera évoluer l'univers des romans-photos pour conquérir un nouveau public. » Et « cela devrait marcher », dixit Fabien Lecoeuvre, auteur de Les Années romans-photos (Ed. Veyrier) : « Le roman-photo, c'est hypertélégénique. Sophia Loren y a fait ses débuts ! » Chez Nous Deux, on se réjouit de l'initiative. « Il y a un regain d'intérêt grâce au côté vintage, souligne Carole Fagot, déléguée du pôle femmes de Mondadori. Et puis l'émotion et le bonheur sont intemporels ! »

Le projet ne sera pas prêt avant deux-trois ans. Quant au diffuseur : « On vise une grande chaîne, affirme Boyer. Mais bon, il faudra cibler, je n'ose imaginer présenter cela à Canal+ ! » Mais, voyons, il faut relire la conclusion du roman-photo paru dans le numéro de la semaine dernière : « La vie donne au-delà de ce que nous aurions osé rêver. » W