Pourquoi France 3 a dû acheter une interview de Bernard Kouchner à LCI

TELEVISION La chaîne publique aurait déboursé 1.000 euros pour obtenir le droit de diffuser l'interview que le ministre ne lui a pas accordée...

Sa. C.

— 

 
  — dr

Bernard Kouchner choisit-il les médias qui l’interviewent? C’est en tout cas ce que sous-entend un article du Canard Enchaîné publié mercredi. L'hebdomadaire satirique affirme que, dans l'affaire de Clotilde Reiss, l'interview du ministre des Affaires étrangères diffusée le dimanche 9 août dans sur France 3, a été achetée par la chaîne à LCI. Explications.
 
Dimanche dernier, les spéculations vont bon train sur une possible libération de Clotilde Reiss, cette étudiante française accusée d’avoir participé aux manifestations à Téhéran et jugée en Iran. Pour en savoir un peu plus, les journalistes sollicitent le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner. France 2 et France 3 «harcèlent» le quai d’Orsay mais n’obtiennent aucun rendez-vous avec le ministre qui ne veut pas communiquer, selon Le Canard Enchaîné.
 
«Interview indispensable»
 
Bernard Kouchner accorde pourtant une interview filmée à LCI, la chaîne d’information continue de TF1 (à voir en cliquant ici). A nouveau contacté, le Quai d'Orsay répond que «le ministre venant déjà d'accorder une interview, il n'en accordera pas d'autre», rapporte l’hebdomadaire. France 2 et France 3 sont alors dans un impasse car, sans interview, elles n’ont pas d’images à diffuser. Elles «demandent alors LCI l’autorisation de pouvoir reprendre les images, raconte Le Canard Enchaîné. Refus catégorique.»
 
France 2 renonce mais France 3 s’acharne. «Un rédacteur en chef de France 3 téléphone directement au conseiller de Nicolas Sarkozy pour la communication, Franck Louvrier», affirme l’hebdo. «Un quart d’heure plus tard, TF1 appelle France 3» et monnaye les images. Montant de la facture? 1.000 euros, selon Le Canard enchaîné. Un montant que France 3 n’a pas confirmé.

«Le rédacteur en chef a estimé que cette interview de Bernard Kouchner était indispensable car il s’agissait de la première fois que la France exprimait aussi clairement sa position dans le dossier Clotilde Reiss, explique-t-on à France 3. Nous avons donc payé le coût de ses images.» Pour le reste, «acheter des images à une autre chaîne pour les retransmettre est une pratique courante, notamment dans le cadre d’événements sportifs. Il nous arrive à nous aussi de vendre nos images», fait-on valoir à France 3.