Une pub pour un opérateur téléphonique israélien jugée raciste

MEDIAS En cause: le mur entre Israël et la Cisjordanie qui sert de terrain de foot...

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Capture d'écran de la pub pour Cellcom avec le mur entre Israël et la Cisjordanie
Capture d'écran de la pub pour Cellcom avec le mur entre Israël et la Cisjordanie — DR

On ne joue pas avec le mur qui sépare Israël de la Cisjordanie. C’est ce que s’écrient des «bloggeurs israéliens et politiciens arabes» après avoir vu la pub de Cellcom, un opérateur téléphonique, où des soldats renvoient un ballon de foot de l’autre côté du mur, ballon qui leur revient comme par ricochet par des «buteurs» que l’on ne voit pas à l’écran. «Qui renvoie inlassablement la balle aux soldats?, demande le service international du journal «Le Monde» sur ce blog. Des colons israéliens? Des Palestiniens? Des miliciens du Fatah ou du Hamas (on a connu des guérilleros férus de football)? L’autre reste un mystère.»

Pas de visage

«La partie la plus grotesque et la plus inquiétante de ce spot est que l’on ne voit pas les Palestiniens. Ils sont comme des monstres ou des étrangers», regrette le blogueur israélien Ami Kaufman, cité par Reuters. Des reproches que relaient aussi le journal israélien Haaretz.



Vue d’ici, la pub en question ne semble pas du tout déplacée. Son slogan («après tout, qu'est-ce que nous cherchons tous? Juste à nous amuser un peu») non plus. Mais elle a été taxée de «raciste» par un groupe Facebook monté pour l’occasion, intitulé «Moi aussi j’ai eu la nausée en regardant la nouvelle pub Cellcom», qui compte - à l’heure où nous publions cet article - plus de 1.400 membres.

Mauvaise pioche


Reste que cette publicité fossilise, via ce mur de béton qui sert de décor, des relations déjà tendues entre les deux territoires. Présentée par Israël comme une «clôture antiterroriste», la barrière, qui doit s'étendre à terme sur plus de 700 km, est qualifiée de «mur de l'apartheid» par les Palestiniens. Selon Cellcom, interrogé par l’agence Reuters, cette publicité n’est pas politique et c’est une «coïncidence» si la vidéo a été diffusée la veille du cinquième anniversaire de l'arrêt de la Cour de justice internationale qui condamne l’existence de ce mur.