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Anne Kerloc'h

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Pour s'adresser aux tennismans comme Jo-Wilfried Tsonga, l'argot n'est pas de mise.
Pour s'adresser aux tennismans comme Jo-Wilfried Tsonga, l'argot n'est pas de mise. — G. PELE / SIPA

Si t'es fier d'être golfeur, tape dans tes mains (clap, clap, clap)... Il y a des moments sportifs où le public a peu de chances de chanter à s'en fendiller les cordes vocales. Golf, escrime et polo s'apprécient avec dignité. Daniel Bilalian, directeur des sports à France Télévisions, détaille : « Historiquement, il y a des sports de la bourgeoisie, voire de l'aristocratie, avec une barrière financière. Même le tennis garde des codes, une retenue. A Wimbledon, on joue toujours en blanc. » Résultat : « L'argot n'a rien à faire dans un commentaire de tennis, au contraire du foot ou du cyclisme. Dire "il s'est refait la cerise" au cours du Tour de France, ça fonctionne ! Tout comme l'accent du Sud-Ouest pour un consultant en rugby. » Alors qu'au tennis et au golf, « le silence fait partie du commentaire ».

« Finalement, estime Lionel Rosso, journaliste sportif, le commentateur est darwinien, il s'adapte à son environnement. » Sur Eurosport, Arnaud Simon, directeur d'antenne, distingue un trio fort noble : golf, équitation, voile, présents dans « La sélection du mercredi » : « On fait un habillage feutré, ambiance lounge, avec de la musique de jazz... ces sports drainent des annonceurs comme Rolex, les grandes banques. » Le commentaire, lui, sera « précis, expert, fin, avec un peu d'humour bien amené... on n'est pas dans l'affect. » Dans le genre classieux, la chaîne diffusera un match de polo en direct, le 1er août. Une discipline fréquemment programmée par Equidia (lire ci-contre). Mais « en matière d'équitation comme dans d'autres sports de niche, estime Guillaume Bernard, le directeur marketing de la chaîne, les journalistes sont très spécialisés. Leur ton n'est pas tant classe que technique et précis. Quand France Télévisions avait diffusé les sports équestres aux Jeux olympiques, le ton était plus généraliste. » Et parfois un peu délirant, car Jean Rochefort était au micro. Ou comment concilier chic et lyrique. W