La Une veut se faire à nouveau des potes avec ses spots

Alice Coffin

— 

Avec ce spot dédié aux spectateurs, la Une espère renouer avec son audience.
Avec ce spot dédié aux spectateurs, la Une espère renouer avec son audience. — TF1

TF1 repart en campagne. Pour la première fois depuis douze ans,

la Une a lancé un spot à destination du grand public. Ponctué d'un « Merci » et du slogan « On se retrouve sur TF1 », il tourne depuis le 22 mai sur son antenne, les chaînes du groupe et Canal+. Composé de saynètes de la vie quotidienne devant le petit écran, le ton « se veut décalé, branché, avec un petit côté Amélie Poulain presque too much, analyse Johann Frarier, créateur du site lenodal.com, spécialiste des identités télévisuelles. Le but est de casser une image de gros mastodonte vieillissant, pour contrer la concurrence de la TNT. » Entre autres...

Car la campagne arrive après l'annonce le 5 mai d'une chute de 27 % de ses revenus publicitaires et de 18 % du chiffre d'affaires trimestriel. Communication de crise ? « Quelle crise ? rétorque Frédéric Ivernel, directeur de la communication du groupe TF1. Il était juste temps de reparler aux gens, leur montrer que s'ils nous aiment et nous regardent, la réciproque est vraie. » Pour « faire de TF1 la société préférée des Français », et « les rendre héros de notre destinée industrielle », dixit Ivernel, le groupe organise aussi des déplacements en province pour rencontrer son public.

Une nouveauté. « Pendant des années, TF1 n'a communiqué que sur ses audiences à destination des professionnels, décrypte Bertrand Suchet, président de DDB, l'agence signataire du spot. Mais depuis des mois paraissent des papiers assez scandaleux sur la chaîne. Il fallait exprimer que, pour TF1 ce qui compte c'est son public ». Un public « qui n'a pas forcément apprécié la petite phrase sur le temps de cerveau disponible de Patrick Le Lay, ex-PDG, souligne Johann Frarier. Ce spot vise à récréer du lien, à crier : on n'est pas qu'une machine à audience. Et à dire, face à la TNT, nous aussi on est là, ne nous oubliez pas ! » Aucun risque : cette campagne de 4 millions d'euros se poursuivra en juin dans la presse et sur des panneaux d'affichage. W