« J'ai fait de la télé par accident »

Recueilli par Anne Kerloc'h

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GINIES / SIPA

Depuis le 2 mai, vous ponctuez de variations ludiques l'émission « Cut Up » d'Arte, « une revue documentaire »...

En fait, voilà, j'étais en compétition avec Nagui et... Non, non. Arte voulait mettre en valeur le documentaire. Ils ont pensé à une revue avec des extraits. La maison de production, elle, a pensé à moi, en se disant que mon petit esprit de fantaisie pourrait faire tenir toutes ces perles mises bout à bout. D'autant que la chaîne a une réputation d'austérité dont elle voudrait se défaire.

On vous a peu vu à la télé ces dernières années. Pourquoi ?

Je suis quelqu'un qui a fait de la télévision presque par accident. J'ai une petite fantaisie qu'on peut exploiter de toutes sortes de façons et qui s'est retrouvée à un moment en télé. Ce qui me plaît, c'est la diversité. Après avoir quitté mon rôle au faux standard de Canal+ dans « Nulle part ailleurs », on ne m'a proposé que des projets similaires. Je serais resté le gars assis, dans son costume à carreaux, qui fait une intervention. Sauf qu'au lieu de tenir un standard, j'aurais fait du tricot...

Vous n'avez pas eu envie de proposer vos projets ?

Ça va paraître orgueilleux, mais je n'aime pas proposer, j'ai peur des filtres par lesquels une idée va passer. Le coeur des diffuseurs télé a des raisons que le coeur ignore.

Dans le « Cut Up » sur le pouvoir, la maxime « Je ne veux pas le pouvoir mais je ne veux pas le subir » semble bien vous

convenir, non ?

Je suis le champion de l'autofiction. Disons que c'est pratique de s'avoir sous la main. En même temps, quand je dis dans le « Cut Up » sur la jeunesse que ma soeur m'a volé mon scooter et que maintenant je déteste les filles, ce n'est pas vraiment moi... W