Femmes reporters en première ligne

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Dans son camp rebelle caché dans la mangrove, le chef de guerre

prend la pose. « Soyez plus naturel ! », demandent, culottées, les journalistes Virginie de Viguerie et Manon Quérouil, qui l'ont débusqué pour Paris-Match. Leur statut de femme a joué pour traiter avec lui et obtenir le scoop. Là où un homme serait perçu comme un rival, « nous on n'écorne pas son image de grand chef », confient-elles dans Femmes grands reporters, demain soir à 20 h 35 sur Téva. « Le film relate le quotidien de cinq femmes reporters, leurs difficultés mais aussi leurs atouts », selon la réalisatrice Alexandra Jousset. Contactée par 20 Minutes, Sonia Rolley, ex-correspondante au Tchad et dans la région des Grands Lacs pour les médias français, confirme que dans certains pays, « une femme jeune, blanche, sur le terrain, c'est une curiosité. Les soldats sont admiratifs de notre courage et se posent en protecteurs. »

Etre une femme peut aussi aider pour passer les checkpoints. « Planquer des cassettes sous une couche de sous-vêtements dans le sac à dos, ça reste un classique, poursuit Rolley. Les soldats n'osent pas fouiller plus loin ! » Karen Lajon, grand reporter au JDD, nuance : « Maintenant les gens connaissent nos combines et fouillent aussi les femmes au corps. » Mais les désavantages, c'est en France qu'elles les trouvent : « Les écarts de salaire et la difficulté à obtenir des postes de direction demeurent », résume Karen Lajon. W

Maxime Robin