La pandémie se stabilise dans les médias

GRIPPE Moins d'informations anxiogènes et plus de conseils préventifs pour faire face au virus...

Maxime Robin

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SASHENKA GUTIERREZ/EPA/SIPA

«Grippe A», le dernier cyclone médiatique, a déferlé les 27 et 28 avril. Avec 700 UBM (unités de bruit médiatique) par jour, «c'est comme si chaque Français avait entendu 7 fois une info sur le sujet», note Sonia Métché, directrice des études chez TNS-MI. Les médias en auraient-ils trop fait? Le reproche arrive, alors que l'épidémie se stabilise. Au début, «la grippe A est associée aux mots alerte et mort dans les gros titres», analyse Sonia Métché.

Faire simple et interactif

Mais depuis le 1er Mai et la stabilisation de l'épidémie, Les UBM diminuent et «le discours média a basculé», avec un accent mis sur la prévention. «L'actu va très vite et il faut que le public ait le temps d'assimiler l'info, explique Patrick Roger, directeur de France Info. Il faut donc rester très prudent dans les termes employés.» Pour Michel Cymes, journaliste médical qui coanimait un «Magazine de la santé» spécial grippe, lundi, sur France 3, «tous les scientifiques disent qu'un jour nous subirons une pandémie terrible. C'est une répétition générale, grandeur nature, pour les médias et le gouvernement.» «On relaie ce que le gouvernement communique, ajoute Hervé Béroud, directeur de la rédaction de RTL, qui consacrait lundi une journée spéciale à l'épidémie. Mais leur parole est confrontée à celle de médecins. Et honnêtement, il y a peu de divergences de fond.» Pour ne pas paniquer l'opinion, le meilleur moyen est encore de faire simple, interactif, avec des questions-réponses concrètes. A ce jeu, les radios s'en sortent plutôt mieux que les télés. Une réponse de spécialiste à un auditeur fait moins peur que des images de masques et de détecteurs de chaleur. 

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