Julien Dray gagne son procès contre «L'Est républicain»

MEDIAS Il avait porté plainte pour atteinte à la vie privée après la publication d'un rapport sur son train de vie...

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Le député PS Julien Dray s'efforce de faire face aux révélations du contenu de l'enquête sur de présumés mouvements de fonds à son profit en menaçant de poursuites journaux et sites internet et en chargeant un "jury indépendant" de se pencher sur son patrimoine.
Le député PS Julien Dray s'efforce de faire face aux révélations du contenu de l'enquête sur de présumés mouvements de fonds à son profit en menaçant de poursuites journaux et sites internet et en chargeant un "jury indépendant" de se pencher sur son patrimoine. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

C’est une petite victoire pour Julien Dray mais une victoire quand même. Le député socialiste de l'Essonne a gagné lundi le procès qu'il avait intenté à «L'Est républicain» pour atteinte à la vie privée.

En cause: Le 14 janvier, le quotidien régional a publié sur son site Web un article intitulé «Les faramineuses dépenses de Julien Dray» et mis en ligne l'intégralité du rapport Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, dans lequel figuraient des détails personnels de la vie de Dray.

La 17e chambre civile du TGI de Paris a condamné le quotidien régional à payer un euro de dommages et intérêts au socialiste et à publier un communiqué judiciaire faisant état de sa condamnation.

Trop de détails

Présidée par Nicolas Bonnal, la 17e chambre a estimé lundi que l'article incriminé répondait à «l'exigence légitime d'information du public». En revanche, a-t-elle considéré, la mise en ligne du rapport Tracfin «excède très largement ce qu'imposait l'information du public, dès lors qu'elle permettait de reconstituer, sur une période de plus de deux années, les déplacements privés de Julien Dray, en fournissant sur eux de nombreux détails».

Cette action engagée au civil par Julien Dray se double d'autres procédures au pénal pour diffamation, contre des journaux comme «Libération» ou «Le Monde».

Enquête
Depuis le 10 décembre, Julien Dray est visé par une enquête préliminaire pour abus de confiance à la suite d'un signalement de la Tracfin. Les soupçons portent sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes de l'association Les Parrains de SOS Racisme et de l'organisation lycéenne Fidl, depuis janvier 2006. Les enquêteurs soupçonnent l'élu d'avoir bénéficié d'une partie de ces sommes, évaluées au total à 351.027 euros.