Orange/Canal+: «Il y a de la place pour tout le monde sur la télé payante»

INTERVIEW Xavier Couture, directeur des contenus d'Orange...

Recueilli par Maxime Robin

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 Xavier Couture
 Xavier Couture — SIPA

TV Festival, la chaîne officielle du festival de Cannes, éditée par Canal+, sera codiffusée et coproduite par Orange, en association avec la chaîne cryptée et le festival. C'est la première fois qu'Orange, qui se développe dans l'audiovisuel et le cinéma, participe à la diffusion et la production de cette chaîne. Du coup, Orange passe du statut de partenaire du Festival à celui de diffuseur d'images exclusif pour le Net et les mobiles.

Vous passez cette année de partenaire officiel à «partenaire exclusif Télécom et nouveaux médias». Qu’est-ce que cela change?
Notre statut est un peu à part cette année. Avec la création d'Orange cinéma séries, nous avions intérêt à nous étendre à l'univers des contenus. Sur Internet, la téléphonie mobile et la télé ADSL, nous aurons l'exclusivité des images produites sur la chaîne TV Festival: conférences de presse lors du festival de Cannes, interviews, montée des marches...

Après les droits du foot, vous marchez une fois encore sur les plates-bandes de Canal+...
Cela fait toujours bien de dire qu’Orange et Canal se bagarrent. Mais chacun a son périmètre, son créneau. Et à Cannes, nous sommes partenaires commerciaux à la fois sur le terrain et dans l'approche du public. Très peu d'abonnés Orange sont d'anciens abonnés de Canal. En fait, nous sommes complémentaires, y compris dans les boutiques Orange, où l'on vend de manière très active des abonnements pour Canal. Il y a de la place pour tout le monde sur la télé payante. Et puis, notre approche est différente…

C'est-à-dire?
Nous nous adressons à une clientèle qui veut payer moins pour avoir une offre plus segmentée, des chaînes très spécialisées, alors que les chaînes de Canal sont multi-genres. Si l’on compare avec les chaînes américaines, Canal serait plus proche de HBO, Orange de Sky TV. J'ai une très grande affection pour Bertrand Meheut (président de Canal+), et une amitié réelle pour Rodolphe Belmer (directeur général adjoint). Mais au-delà des liens qui unissent les hommes, il y a le business. Il ne faut pas défendre les monopoles comme une vache sacrée. Que Canal se défende, c'est la vie, c'est normal. Vous savez que dans une rue ou il n'y a qu'un café, il y a moins de clients que là ou il y en a plusieurs. Quand plusieurs offres événementialisent la culture, ça crée une émulation de la concurrence et des clients. C'est bon pour le commerce. Mais je reste admiratif de Canal+; Orange est encore loin derrière.