Jean-Paul Cluzel: «C'est une belle sortie, non?»

INTERVIEW Ce sont ses dernières «126.000», du nom de l'étude des audiences radio de Médiamétrie, qui ont été publiées ce jeudi matin. Jean-Paul Cluzel, président de Radio France, partira en mai, par décision de Nicolas Sarkozy, qui a choisi Jean-Luc Hees pour le remplacer. Commentaire d'audiences en forme de bilan.

Recueilli par Anne Kerloc'h

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Jean-Paul Cluzel, président de Radio France, à Paris le 29 août 2008.
Jean-Paul Cluzel, président de Radio France, à Paris le 29 août 2008. — LYDIE/SIPA
Ce matin, le communiqué de Radio France sur les audiences était plutôt réjoui…
Dans un média radio qui ne se porte pas génialement, Radio France a progressé de 10% en un an, un taux rarement atteint historiquement. Désormais notre part d’audience est de 22,3%, la durée d’écoute et l’audience cumulée ont aussi grimpé.

Comment expliquez vous la bonne tenue des généralistes par rapport aux musicales?

Alors que nous vivons un changement structurel des nouveaux modes de consommations des médias, les généralistes qui résistent ont su s’adapter en travaillant leur côté incarné. C’est une vraie différence par rapport à l’information sur Internet. Nous avons des voix, des personnalités, des incarnations fortes de l’antenne, comme Nicolas Demorand, Fabrice Drouelle, Philippe Collin…

Est-ce ce dont vous êtes le plus fier dans votre bilan?

C’est sans doute ce dont je suis le plus fier et le plus heureux, oui, d’avoir fait émerger des talents. Sans vouloir être méchants, alors que nos concurrents piochent souvent dans un réservoir de stars, nous on a repéré des inconnus, désormais reconnus, sur toutes les antennes. Ils sont talentueux, jeunes, des représentants de la France d’aujourd’hui.

En plus d’un information incarnée, quels seront les ressorts de la radio, pour l’avenir ?

L’information de proximité jouera un rôle essentiel. A ce titre, la progression du réseau France Bleu est révélatrice, puisqu’il dépasse Nostalgie et Fun radio. Il y a eu le rôle de radio d’urgence joué lors des intempéries, mais surtout un vrai travail, mené par la directrice Christiane Chadal. Le «vu d’ici» n’est pas qu’un slogan, cela se traduit dans le fond. Sinon, on constate aussi l’intérêt pour ce qui concerne la culture et l’international. Les gens ont besoin de repères.

C’est un jour particulier pour vous, aujourd’hui, puisque vous commentez pour la dernière fois les audiences du groupe, en tant que président.

Je constate que mon groupe s’est rarement aussi bien porté et j’en suis fier. C’est plutôt une belle sortie, non?