Temps de parole présidentiel: qu'est-ce qui va changer?

MEDIAS Les règles de comptabilisation vont être modifiées. Mais comment?

AA

— 

Pôle emploi va recruter 1.840 agents supplémentaires pour faire face à l'alourdissement des tâches provoqué par la forte remontée du chômage ces derniers mois, a annoncé Nicolas Sarkozy mardi lors d'un déplacement à Châtellerault.
Pôle emploi va recruter 1.840 agents supplémentaires pour faire face à l'alourdissement des tâches provoqué par la forte remontée du chômage ces derniers mois, a annoncé Nicolas Sarkozy mardi lors d'un déplacement à Châtellerault. — Gérard Cerles AFP/Archives

Mercredi dernier, le Conseil d’Etat a demandé au CSA (Conseil Supérieur de l’audiovisuel) de changer les règles comptabilisant le temps de parole du président de la République dans les médias audiovisuels (radios et télévisions). Un vrai casse-tête…

Comment cela fonctionne-t-il aujourd’hui?
Selon les règles actuelles, les temps de parole des politiques sont répartis, à la télé et la radio, par tiers: un tiers pour la majorité, un tiers pour le gouvernement, un tiers pour l’opposition. La parole du Président n’était pas comptée dans celle du gouvernement et ne fait l’objet d’aucune mesure de restriction. En clair, le CSA compte les interventions de Nicolas Sarkozy mais n’en faisait pour ainsi dire rien.

Qu’est-ce que cela va changer?
Le but est d’«assurer une présentation équilibrée de l'ensemble du débat politique national», dit le Conseil d’Etat, et de respecter la balance majorité/opposition. Autrement dit, de donner une place à l’opposition dans les médias, dans ce très plein d’actualité sarkozienne. En théorie, le chef de l’Etat est au-dessus des partis, mais «est en pratique "l’homme d’une politique"», celle de l'UMP, rappelle le Conseil d’Etat.

Le temps d’antenne à la télé et la radio n’étant pas extensible à volonté, «nous allons pouvoir être enfin audibles, commente Arnaud Montebourg, député socialiste, parce qu'on va avoir du temps d'antenne qu'on n'arrivait pas à avoir.»

Comment vont être modifiées les règles?
C’est tout le problème, car on ne le sait pas encore, répond le CSA, interrogé par 20minutes.fr, qui précise qu’«au sein du Conseil, c’est le groupe de travail chargé du pluralisme et présidé par Marie-Laure Denis qui va s’en charger».

L’une des pistes suggérées consiste à distinguer les discours de Nicolas Sarkozy en tant que chef de l’opposition (lors d’un meeting UMP par exemple) et ses discours dits «régaliens», c’est-à-dire rattachés à sa fonction de président (lorsqu’il rend hommage à des morts par exemple ou adresse ses vœux présidentiels). Les discours politiques seraient imputés au temps de la majorité, tandis que les discours régaliens ne seraient pas comptabilisés. Problème: comment faire quand Nicolas Sarkozy joue sur les deux tableaux pendant le même discours? «Au Canada, où la législation est similaire, on utilise le système du double aveugle», détaille Jean-Marie Cotteret, un ancien membre du CSA cité par «L’Express». « Dès lors que le gouverneur général prend la parole, deux experts évaluent si celui-ci a parlé de manière favorable, défavorable, ou neutre à son interlocuteur.»

Quand verra-t-on le changement?

François Hollande veut que cela le soit «dès le mois prochain», Martine Aubry dans «les plus brefs délais». «Il ne faut pas perdre de temps mais le calendrier n’est pas établi», explique à 20minutes.fr le CSA. Puisque ces nouvelles règles seront applicables en dehors des périodes électorales — c’est-à-dire en dehors des élections européennes, prévues le 7 juin, il va falloir attendre le mois de juin pour que la cogitation commence. «On va organiser des concertations avec les chaînes de télévision et les radios pour en décider», reprend le CSA.