Les émissions de téléréalité, ça va (un peu) payer

MEDIAS Le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt a donné raison à vingt-trois participants de «L'île de la tentation»...

Anne Kerloc'h et Maxime Robin

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L'arrivée des tentatrices, dans L'Ile de la tentation, sur TF1
L'arrivée des tentatrices, dans L'Ile de la tentation, sur TF1 — LORENVU-TV / SIPA

Etre tenté, c'est tout un art, c'est même un job. Le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt a donné raison à vingt-trois participants de « L'île de la tentation » qui demandaient que les règlements de leur participation soient requalifiés en contrat de travail. Si les sommes accordées ont l'épaisseur d'un string en fibres de coco (de 100 à 500 euros de dommages et intérêts, et un rappel de salaire de moins de 1 000 euros pour une douzaine de personnes), les conséquences pour la téléréalité seront sans doute plus lourdes.

« C'est symbolique, lance Jérémie Assous, avocat des plaignants qui suit plus de 160 dossiers de ce genre, la question de dommages et intérêts sera résolue dans un deuxième temps. On a déjà gagné cent fois plus en appel le 12 février pour trois participants de "l'Ile" » . Pour lui, ce n'est pas la fin des « Big Brother » et des big tentateurs : « C'est juste la fin des téléréalités illicites. Les producteurs vont devoir faire signer des contrats de travail, comme en Suisse, où le CDD est pratiqué. »

Philippe Bartherotte, qui a travaillé sur plusieurs téléréalités, et auteur de La Tentation d'une île ne croit pas au changement radical en la matière : « Les premiers règlements de téléréalité était super mal ficelés, avec des clauses qui pouvaient être interprétées comme étant de la subordination à un employeur et susceptibles de s'apparenter à un contrat de travail. Les nouveaux seront juste mieux rédigés ! » Pour l'instant, TF1 Production n'a pas prévu de faire signer des CDD et s'en remet à « la décision de la Cour de cassation, qui statuera le 29 avril », précise Edouard Boccon Gibod président de TF1 Production, qui met aussi en avant une décision du conseil des prud'hommes de Saint-Etienne du 22 décembre 2008, qui s'était déclaré incompétent pour juger du cas d'un tentateur. Emmanuelle Barbara, l'avocate de la production souligne aussi la « complexité juridique » des multiples dossiers, dont des dizaines sont encore en cours : « Bien sûr, ce jugement ne me convient pas, mais au vu du résultat financier, je dirais que c'est un jugement de Salomon ! » Le 29 avril, on saura si Salomon a pris une plus nette décision.