Margaret Thatcher fait tchatcher ses ex-ministres

TELEVISION Les hommes politiques anglais évoquent la Dame de fer dans le nouveau documentaire de William Karel «Mais qui a tué Maggie?»...

Alice Coffin

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  — PATA -/SIPA

Les hommes politiques anglais ne se cachent pas derrière la Manche pour parler de la Dame de fer. C'est ce qui a permis à William Karel de recueillir leurs témoignages pour son docu «Mais qui a tué Maggie?»

«Mise à mort»

Le récit d'un «matricide», digne de «Shakespeare ou Machiavel» expliquent, face caméra, certains des ex-collaborateurs de Thatcher. Celui de trois jours de novembre 1990 qui ont signé sa «mise à mort par ses propres ministres.» «Et ils en parlent sans regret, ni remords», poursuit Karel.

A l'origine, France 2 lui avait commandé un docu sur les onze années de Thatcher au pouvoir, à l'occasion du 30e anniversaire de son arrivée à Downing Street. «J'ai contacté ses ex-ministres, mais ils n'étaient pas enthousiastes.» Et pour cause, les chaînes anglaises ont déjà consacré une vingtaine de docus sur l'ancienne premier Ministre. Mais il n'en existe aucun sur sa fin de règne à intrigues. Du coup, «quand j'ai annoncé à mes témoins que, finalement, je me focaliserai sur la chute de Thatcher, ils y sont allés à fond et sans ménagement».

Complot made in France


Tant sur ce qu'ils reprochaient alors à celle qui avait «les yeux de Caligula et la bouche de Marilyn Monroe», dixit Mitterrand à l'époque, que sur leurs propres coups tordus. Inconcevable pour des politiques français. «J'ai déjà essayé, ce n'est pas la peine, poursuit Karel. Tous ces témoins directs anglais se sont retirés de la vie politique, alors qu'en France, les anciens ministres espèrent toujours un poste de sénateur ou autres. Du coup, ils mentent ou ne disent rien.»

Ce qui ne l'empêche pas de se pencher sur les complots made in France. Il travaille actuellement sur le dîner organisé entre Mitterrand et Chirac chez Edith Cresson avant 1981 pour se coaliser contre Giscard. Il a opté pour une fiction avec Hippolyte Girardot en Chirac et Jean-François Belmer en Mitterrand « faute de pouvoir faire parler les protagonistes sur le sujet. Cresson m'avait toujours dit que ce dîner n'avait pas eu lieu. Elle a fini par l'admettre, mais dans un livre. Chirac, lui, persiste à nier. » Shocking.