M6 souhaite une plus belle vie en lançant son « Paris 16e »

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C'est un soap, indubitablement. « Paris 16e », diffusé à 17 h sur M6, du lundi au vendredi, réunit les constantes du genre : scènes de studio, entremêlement sentimental, personnages typés, tournoyants autour de l'héroïne, Lorène, orpheline déboulant dans le Paris des privilèges. « Ce feuilleton permet de faire coexister des jeunes avec des adultes. Nous visons un public familial », lance Philippe Bony, directeur adjoint des programmes de M6.

Après l'échec de « Pas de secret entre nous », plus ado, M6 a choisi de mixer des jeunes talents avec des têtes vues à la télé (Alexandra Kazan, Richard Gotainer). Le tout avec un petit mélange des genres. « On a respecté les codes du soap, détaille Gilles de Verdière, producteur chez Calt, mais avec un ton un peu décalé, plus comédie. » Le tout est un hybride, disons un pop soap, où le feuilleton des familles laisse affleurer en surface des bulles de modernité, dont un générique trendy (Paris Is Burning du groupe électro-pop Ladyhawke). Pour cette production de 17 millions d'euros et 80 épisodes, l'univers argenté, sirupeux et perfide a fait l'objet de toutes les attentions. « Des consultants ont planché sur des cahiers de tendances, raconte Gilles de Verdière, la chromatique générale. Il était crucial d'avoir des codes très définis pour faire exister cet univers de la très haute bourgeoisie. » La chef costumière Mariam Coulibaly a ainsi « constitué un vestiaire en respectant la ligne donnée par la directrice artistique. Une harmonie de tons sobres, pour une image lisse, élégante. » Un vestiaire où le Cerruti côtoie le Paul Smith. « Il fallait que l'on sente l'argent. D'où l'importance de choisir de belles pièces et de renouveler souvent les vêtements des personnages. » Le dressing du « 16e » ne connaît pas la crise. ■ Anne Kerloc'h