Les bonnes ondes s'affichent sur les écrans de télévision

Alice Coffin

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« Une soirée exceptionnelle. La radio comme vous ne l'avez jamais vue, c'est vraiment une première à la télévision. » Mireille Dumas a soigné le lancement de la spéciale « Vie privée vie publique - Les coulisses de la radio », ce soir à 20 h 35 sur France 3. De fait, ce prime time, consacré aux grandes émissions du moment et à leurs animateurs, n'est pas anodin. « Il se passe quelque chose, estime Marc-Olivier Fogiel, suivi par les caméras de France 3, comme ses acolytes de matinale, Vincent Parizot de RTL, et Nicolas Demorand de France Inter. La radio a changé de catégorie. Il n'y a plus la télé en Ligue 1 et la radio en Ligue 2. La télé essaie de profiter de cet attachement de plus en plus fort du public, les reportages se multiplient. » Sans compter une énorme campagne d'affichage pour RTL, une autre lancée mercredi sur les écrans pour Europe 1, le buzz sur Internet et les zappings, comme récemment autour des chroniques de Stéphane Guillon. « Même le président de la République les commente, s'amuse Stéphane Bern, présentateur du "Fou du roi" sur France Inter. La télé s'est banalisée, c'est un peu de l'eau tiède. En radio, il n'y a pas de vache sacrée, alors ça fait le buzz. »

Si Vincent Parizot estime « avoir tout à gagner » d'un transistor désormais très cathodique, il souligne que « cela ne doit pas changer nos habitudes, je ne modifie rien quand des caméras viennent ». Stéphane Bern refuse même que son émission « soit filmée en studio pour ne pas perdre cette liberté de ton. Je n'accepte les caméras que lorsqu'on se délocalise dans des lieux publics. » Bref, les journalistes radio restent vigilants. « De toute façon, s'amuse Mireille Dumas, en plateau, c'est moi qui ai dû m'adapter. Ils sont habitués à ne jamais laisser un silence au micro, du coup ils ont un débit beaucoup plus rapide, j'ai suivi. » Vers une radio locomotive de la télé ? ■